‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 179 sur 192 · L'AUTRE LUI-MÊME · texte numérisé non relu

L'AUTRE LUI-MÊME

EL SEMBLANTE A 81 MISMO

Cette pièce est purement d'imbroglio et elle a quelque analogie avec le Castigo del penseqiie de Tirso de Molina. Elle est antérieure à Tannée 1616.

Don Juan de Castro a pour cousin un certain don Diego de Lujan, arrivé depuis peu de Flandre à Madrid. Obligé défaire un voyage au .Pérou, don Juan s'embarque à Cadix à la vue de tous ses amis, puis il débarquera secrètement la nuit sar les côtes d'Espagne lorsque tout le monde le croira bien loin.

Son projet est d'observer la conduite de sa fiancée pendant sa prétendue absence. Il a eu soin de répandre et d'accréditer le bruit que son cousin don Diego de Lujan lui ressemble tellement qu'on les prendrait l'un pour l'autre. Il a donné à son oncle et à dofta Ana, sa future femme,. son propre portrait, vêtu d'une autre façon, en leur disant que c'est le portrait de don Diego. Il charge un de ses amis, à qui il confie le secret de son épreuve, d'entreprendre réellement pour lui le voyage d'outre-mer, afin de régler les affaires qui l'appelaient en Amérique. Leonardo accepte par amitié le voyage dont oo le charge, mais il part plein d'inquiétude^ car il laisse à Ma-

drid une jeune ûlle qu'il aime,» la belle Julia, et il emporte le triste pressentiment qu'on l'aura bientôt oublié. Celte exposition remplit le premier acte du Semejante a si mismo.

Au second acte, dona Ana pleure le départ de don Juan de Castro. Maïs bientôt arrive le faux don Diego de Lujan, qui n^est autre que don Juan de Castro lui-même. La famille s'extasie sur la ressemblance, qui en effet, ne saurait être plus frappante. Le vrai Dîégo accompagne son ami sous la livrée du domestique Mendo. Avant d'éprouver sa fiancée, don Juan tente, en lui donnant une poignée de doublons, Sancho, son valet, qu'il a laissé pour garder la vertu 4e sa cousine.

— Don Juan est absent, lui dit-il, tnoî je suis présent. Aide ma prétention amoureuse et change une espérance douteuse pour une amitié certaine. Don Juan ne saura rien ; si par malheur il apprenait quelque chose et qu'il te chassât, je te prends à mon service.

•— Pardieu ! répond Sancho, avec dé tels sermons vous oonvertlriez le grand Sofi de Perse, Je dis^ seigneur, que je vous approuve. Vous n'ave2 qu'à ordonner, je ferai teut ce que vous voudrea auprès de la (lancée de mon mattre.

— Ah I chien infftme I s'écrie don Juan de Castro, je stiis don Juan et non Diego de Lujun \ C'est donc ainsi que tu es âdèie et loyal?

— Ne vous emportez pas, je vous avais reconnu, réplique sans se déconcerter le rusé laquais , et voyant que vous vouliez me faire de tout oeoi un mystère» j'ai voulu» moi aussi^ vous éprouver. Au diable don Diego de Lujiis !

— Mais, coquin, en prenant les doublons, n'as*>tu pas contracté une obligation envers don Diego ?

^ Mon intention, seigneur» était de garder l'argent et de me jouer de luL N'est-il pas bon de payer en trahison oelui qui achète par trahison 7

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trouve évincé dans le cœur de sa belle. Don Juan de Castro confesse Pimprudence de son épreuve ; il obtient son pardon de dofta Ana et Sancho épouse la servante Inès, délivré des préoccupations jalouses que lui a données le véritable don Diego de Lujaoi bous la livrée du lai|ua^ Me&do.

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