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LES OBLIGATIONS D'UN MENSONGE

LOS EMPBNOS DE UN BNGANO

L'exposition de celle comédie dlnlrigue qui n'a pas la prélenliôn de moraliser, se fait d'une manière vive et originale, et elle donne lieu à une action qui ne manque pas d'intérêt. Les conaplications ne sont pas forcées, le dénouement ressort naturellement du sujet lui-même. Le style en est fin et délicat; toujours correct et élégant.

Nous sommes à Madrid chez doîia Léonor. Elle entre fort préoccupée, et suivie d'Inès sa camériste.

— Quel peut-ètîe, dit-elle, cet étranger qui rôde ainsi dans notre rue?

— Seûora, répond la suivante, le premier étage de cette maison est le premier ciel de la lune de Téodora ; et le second étage est le ciel de votre soleil dont les rayons donnent à l'aube les perles qu'elle pleure; il n'est pas possible que cet étranger adore la lune s'il a vu le soleil.

— Gomment connaître ses intentions ?

— Madame est-ce curiosité ou amour ?

— Pour l'instant c'est curiosité ; quand je saurai qui il est ce sera peut-être amour,

— Faites-vous mieux comprendre.

— Touche une seule corde d'un instrument, ta verras ks autres rester muettes si elles ne sont pas d*accord avec elle; mais si une de ces cordes est à la distance voulue et en coqsonnance parfaite, elle sonnera sans que tu la toucbes. Ainâ mon cœur est accordé de telle sorte que, si j'apprends que ce jeune homme ne m*aime pas, toutes les cordes resteront muettes; mais s'il nfaime, mon amour sonnera ne fût-il touché que par le souffle de sa voix.

— Si vous en arrivez là, que ferons nous de don Juan ?

— Je perdrai sans peine ce que je ne cherche pas à gagner. On a voulu nous marier; c'est une union sortable, mais je n'y ai point de goût.

— Je prétends, madame, vous tirer d'embarras. Le. valet de ce jeune gentilhomme qui se promëde dans la rue me fait toujours des signes. Il est en bas, si vous m'en donnez licence, je le vais appeler.

— C'est cela, et pour m'averlir si mon frère rentrait, placetoi sur ce balcon.

— Je l'ai appelé, madame, il va monter.

-— Déjà? mon Dieu 1 pourquoi doncsuis^je si troublée?

Gampana, le valet du bel étranger entre en effet dans le salon de doîia Léonor, et Inès se place en embuscade pour surveiller. Gampana apprend à doîia Léonor que son maître se nomme don Diego de Luna. Elle, de son côté, le charge de dire à son maître qu'elle est dofia Léonor de Giron, et qu'elle le prie, ayant un frère qui la surveille, de vouloir bien s'expliquer sur ses promenades devant la maison. Si son amour s'adresse à dona Téodora, qui habite le premier étage, qu'il veuille bien le dire. Mais le valet rusé, pour ne pas faire connaître les relations de son maître avec Téodora, donne le

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iiaiige à Léonor, et lui laisse croire que c'est-elle qui eit

lorée par don Diego de Luna.

liéoDor reste donc convaincue de la paiaion qu'elle a inafarée au jeune étranger.

Campana va rendre compte à don Diego de sa visite, et il imeure convenu entre eui que pour mieui ménager la ré« «lation de Teodora Diego feindra tout de bon que c'est au XBur de Léonor qu'il s^adresse. Il craint pourtant de blesser e marquis, son ami, épris de do&a Léonor, à qui il a juré lu'il n*était et ne serait jamais son rival II vient faire une irisite à Teodora , après avoir eu soin de franchir lestement l'escalier afin d'éviter d'être aperçu par les gens de Léonor. Ce qu'il ne sait pas, c'est que Léonor est également en visite chez Teodora , et que cachée dans une chambre voisine , elle le voit et l'entend. Mais voici que don Sancho, frère de Léo* nor, chargé par ie père de Teodora de veiller sur sa maison en son abaenee, survient en trouble fête. Il a vu entrer un bomme et il lui demande compte de sa présence dans cette maison. Les deux jeunes gens en viennent aux mains; don Diego est blessé; on l'emporte mourant à l'étage supérieur chez Léonor, et don Sancho se propose de tout réparer par un mariage, pendant que Teodora remercie tout de bon son amie d'avoir sauvé son honneur en prenant l'affaire pour elle. Au deuxième acte, la convalescence de don Diego s'est prolongée et il est toujours au logis de don Sancho. Il se voit dans la nécessité de s'expliquer pour sortir d'embarras. Mais découvrir le secret de son amour est impossible, car il compromettrait Teodora, et demeurer dans la situation où il se trouve n'est point possible non plus ; ce serait avoir l'air de manquer de parole au marquis, puis ce serait une lâcheté; dé* tromper Léonor serait la désespérer. La position est critique. H se décide enfin à parler en présence des deux femmes.

Téodora est Tenue chez Léonor pour la remercier enc<Mre d*avoir bien voulu la tirer du mauvais pas où elle s'élait placée par 8on imprudence. Maintenant il est temps que âoo Sancho connaisse la vérité et qu'il sache que c'est Teodora et non Leonor qui est aimée de don Diego. Léonor désabuse son amie en lui affirmant qu'elle aime don Diego et qu'elle en est aimée, et qu'après l'avoir ainsi compromise, il est impossible qu'il ne l'épouse pas. Mis au pied du mur, don Diego a beau répéter que son amour pour Teodora n'a été qu'une feinte , aucune des deux femmes ne veut le croire, et il reçoit les reproches des deux parts. Teodora sort furieuse et Léonor ordonne à ses gens de fermer les portes pour empêcher don Diego de sortir. L'infortuné n'est pas au bout de ses peines ; il reçoit un cartel du marquis. Les apparences sont contre lui ; il aurait mauvaise grâce même à se disculper; il se battra donc; mais les portes sont fermées par l'qrdre de Léonor ; n'importe ; il saule du haut du balcon pour ne pas manquer à un rendez- vous d'honneur.

Au troisième acte nous retrouvons don Diego dans une posada de Madrid, où on Ta transporté après sa cliule du balcon de Léonor. Sa blessure l'a empêché de répondre au cartel du marquis. Il s'informe à son valet de sa chère Teodora, que personne n'a pu voir, car elle est gardée à vue par son frère don Juan, revenu tout exprès de Séville, à la première nouvelle de cette affaire qui touche à l'honneur de sa maison. Gampana a révélé toute l'histoire au marquis, lequel, enchanté de n'avoir point de rival dans la personne de don Diego, vient l'embrasser affectueusement, le priant d'oublier ses torts.

Teodora cependant se désespère, croyant toujours à l'amour de don Diego pour Léonor. Nul doute. Il n'a sauté par le balcon que pour aller se battre pour elle avec le marquis. Don Diej^Q vient pour se justiOer. Elle lui déclare qu'elle est

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résolue à se venger de lui en épousant don Sancho Giron, tandis que Léonor de son côté va épouser don Juan. Don Diego tombe à ses pieds et la supplie de Técouter. Il lui explique alors que c*cst pour mieux cacher leurs relations que ce fou de Gampana a inventé celte passion pour Léonor, passion qui n*a jamais existé. S'il a sauté du balcon, au risque de se rompre les os, c'élait pour le soin de son honneur et pour rester digne de Tamour de Teodora. Son désespoir, ses prières, son ardent amour finissent par attendrir sa maltresse, qui lui accorde son pardon et qui lui donne sa main.

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