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LES PROMESSES A L'ÉPREUVE

LA PRUEBA DE LAS PROMESAS

L*argiiroent de cetie comédie est tiré du comte Lucanor livre composé par le très-excellent prince don Jaan Manuel.

Don Illan est un savant de Tolède qui s'adonne à la nécro* mancie et à la magie. Sa fille Blanca a deux prétendants, don Enriqoe de Vargas et don Juan de Ribera. Chacun de ces prétendants a ses qualités. Don Juan est parent du marquis de Tarifa, il est riche, spirituel et galant ; don Enrique n'a pas moins de droits^ et c'est pour lui que penche la sympathie di; père de Blanca. Il charge donc sa servante Lueia de parler à Blanca de ce soupirant^ et de foire en sorte qu'elle le Choisisse. Mais, de son côté, il soumet ses gendres futurs à une épreuve qui doit être concluante. Au moyen d'artifices magiques, donnant à un rêve la réalité de la vie, il fait croire à don Juan que par la mort soudaine de son parent il vient d'hériter du marquisat de Tarifa et des grands biens de cette maison. Le nouveau grand d'Espagne annonce à sa belle que le soin de ses affaires rappelle à Madrid, et qu'elle et son père peuvent l'y suivre, car il ne cessera jamais de l'aimer. Mais

dans le ton de ses paroles, un changement trèsnolable^ dû aux inspirations de Tambilion, se laisse déjà deviner.

Au second acte, don Juan rencontre don Enrique à Madrid Il a quitlé Tolède pour suivre Blanca, car pour lui la patrie est là où Ton aime ; et ses dédains n'ont pu le décourager. Le vieux savant lui conseille de persévérer; ou il brûlera 8es livres, ou Enrique l'emportera sur le brillant don Juan.

— Si vous penchez pour moi, don Illan, comment avezvous suivi le marquis à Madrid ? Que dira-t-on de vous à Tolède ?

— J'ai mon dessein, don Enrique. Ne vous hâtez pas de me condamner^ et ne conseillez jamais celui qui en sait plus que vous.

Don Enrique cherche à se rassurer, mais il apprend que son rival est devenu le favori du roi et qu'on traite de son prochain mariage avec l'ingrate Blanca. Il ne désespère pas encore, car il a foi dans la loyauté et dans la science de don Illan.

Les grandeurs ont tourné la tète à don Juan, qui laisse eo« fin entendre à celle qu'il aime qu'elle ne peut prétendre à épouser un grand d'Espagne, un marquis de Tarifa. Don Illan prie humblement le marquis de solliciter près du roi, dontil est le favori, un habit de St-Jacques pour son fils Melchor.

— lllan^ lui répond don Juan, Sa Majesté ne limite passes libéralités, mais je dois les réserver à mes parenls. Vous ne voudriez pas m'exposer à leurs injustes reproches.

» Vous savez, marquis, répond le vieux nécromancieo, que je préfère votre repos et votre honneur à mon ialérêt.

— Et puis, considérez^ Illan, que ce que vous demandez est la récompense due à des services militaires, et que votre fils est un lettré. Qu'il suive donc le chemin des lettres, et dans l'occasion je pourrai parler de lui à Sa Majesté. Adieo.

» Tu remplis bien tes promesses^ murmure entre ses dénis le vieux sorcier. Des refus h toutes mes demandes ? Quand renchantement produit par ma science se sera dissipé^ tu ne diras pas que je t*ai puni sans raison.

Blanca revient tout doucement à don Enrique, qui Taime toujours malgré ses dédains. H a été éprouvé pourtant comme don Juan^ et il a su résister à la tentation. Le roi lui a donné .une commanderie de Saint-Jacques.

^ Plus il monte, dit la servante Lucia, plus il vous adore avec humilité, bien différent du marquis, chez qui avec les honneurs croit l'oubli.

Tout s'explique à la iin. L'héritage du marquis et la faveur du roi, la commanderie de Saint-Jacques, tout cela n'a été que le produit de la sorcellerie. Ni don Juan, ni Enrique, ni Blanca, ni son père ne se sont absentés de Tolède. Madrid, la cour, tout a été un rêve qui a servi à dévoiler le' caractère de chacun. Blanca donne un congé en règle à don Juan, et elle accorde sa main à don Enrique, qui seul n'a pas failli à sa loyauté quand on a mis les promesses h Vépreuve.

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