SCÈNE XI
REPONDO, revenanu DOINiA CLARA, LEONOR.
REDONDO. Vive Dieu il a querellé tout le monde 1
Do!^A CLARA, à Leonor. Ennemie, tu as été la cause de cet incendie. Ton hésitation à dire la vérité Ta porté à croire que tout cela était une invention et il m'a punie de ton sot embarras.
LEONOR. A merveille! imite le taureau furieux ; celui qui Va jeté le trait, s'enfuit ; venge toi maintenant sur moi qui sois le manteau. l\e te sufQt-il pas de m'obliger, contrairement à ce que veut ma position, à risquer ma réputation pour satisfaire don Garcia, faut-il encore, ingrate^ que tu me punisses parce que j'ai tardé à dire ce que j'aurais dû taire?
DOî^A CLARA. Eu quoi tc compromct la recherche du marquis?
LEONOR. N'est-il pas à craindre qu'en entendant parler des sollicitations du marquis on ne vienne à croire que ma légèreté a encouragé ses prétentions?
Do5[A CLARA. A quelles lâches craintes te laisses-tu aller! On voit bien que mes peines, Leonor, te sont tout à fait étrangères. Ne t'en vas pas ; je vais écrire à don Garcia.
REDONDO. Pour Dieu ! seîiora, je doute qu'il reste dans mon cœur assez dehardiesse pour oser lui remettre votre billet quand vous venez de le voir si irrité et si jaloux avec vous que sa colère jetait mille volcans de flamme par ses yeux ; et vous avez vu aussi que vous avez été le sanctuaire qui m'a préservé de sa fureur.
DoSfA CLARA. C'cst Vrai.
REDONDO. . Que voulez-vous ? une satisfaction.
DOSA CLARA. Oui.
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BEDONDO. Permettez-moi, si vous vons fiez par hasard à ma foi, de vous donner un conseil.
DO^^A CLARA. Quaod il souffre le malade ne songe qu'à la guérison et il aime le remède quelle que soit la main qui le lui apporte.
REDONDO. Eh bien, n'écrivez pas, vous, je crains que maintenant la flamme vorace de son chagrin ne réduise en cendres Yotre billet, senora, avant quMl n'ait eu le temps d'y jeter les yeux. Que votre amour empressé n'engendre pas d'autres vengeances et d'aulrcfs rigueurs. Laissez le temps briser sa colère; prenez exemple sur la forge; quand le feu est ardent, l'eau augmente encore sa force. Que voire nièce lui écrive d'abord et que ses raisons tâchent d'apaiser peu à peu cette colère sans motifs ; en bonne médecine quand une humeur maligne prédomine, vous savez que pour l'évacuer on la prédispose d'abord avec des sirops.
DoSf/k CLARA. Redondo a raison. Ma nièce, écris à don Garcia; donne lui satisfaction, fais notre paix.
LEONOR. Tu fais tout pour me compromettre^ mais la pitié que j'ai de ton chagrin me décide à l'obéir. Je vais écrire.
REDONDO, à part. J'ai cu là Une bonne idée.
DONA CLARA. PCDsc^ Lcouor, quc tu mc sauves la vie.
LEONOR, à part. Ta prière va au-devant de mon désir.
Elle sort.
DO^A CLARA. Rcdoudo, je confesse que lu m'as rendu un grand service ; un tel conseil dans une pareille extrémité n'a pu naître que de ton esprit pénétrant.
REDONDO. Je me nomme Redondo, c'est-à-dire rond, et mon esprit est aiguisé (t).
Ils sortent.
(Ij Jeu de mots sur redondo (rond) et agudo (pointu.)
1/n CIlANGEft POUn TROUVER MIEUX
Chez dona Clara.