‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 62 sur 192 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

FIGUEROA, Les Mêmes.

RIGARDO. On a raison de dire que la fortune fuit celui qui la sollicite et cherche celui qui ne la cherche pas.

FIGUEROA. Pourquoi dis-tu cela?

RiGARBO. Le marquis désire savoir de vous certaines choses secrètes et ne doutez pas, si vous savez le satisfaire, que vous n'en retiriez un grand profit.

FIGUEROA. La plus large promesse ne vaut pas le plus léger don. Mais puisque le marquis est un si grand seigneur, il est juste que j'estime à un très-haut prix le plaisir de Tobliger.

RIGARDO. Venez donc ; il vous attend.

FIGUEROA. Je suis un valet très-humble, tout à vos ordres, seigneur ; plaise à Dieu que je sois capable de vous servir.

LE MARQUIS. Couvrcz-vous, par ma vie I

FIGUEROA. Que votre seigneurie me pardonne. Je suis trèsbien ainsi.

LE MARQUIS. Par ma vie faites ce que je vous dis.

FIGUEROA, se couvrant. C'est par force. (A partàRicardo.) Quels

gens cérémonieux que ces grands seigneurs.

REDONDO, à part. Surlout quanii ils ont besoin des gens;

dM CHANGER POUR TROUVER MIEUX

LE MARQUIS. Votre nom s'il vous platt?

riGUEROA. Figueroa.

RiGARDO. Une misèrel II est de la maison de Feria.

LE MARQUIS. G'est Seulement là un surnom.

FIGUEROA. Les pauvres ne doivent pas être orgueilleux ; ii est gênant, quand on occupe une humble position, de ressembler à une mappemonde de noms et de surnoms. Même avec un seul j'ai bien de la peine à vivre ; il y en a qui disent que je le possède sans droit; mais je laisse murmurer les médisants, car pardieu quand nous dormons nous sommes tous égaux.

LE MARQUIS. Enfin vous êtes un Figueroa ?

FIGUEROA. Au moins Ton me nomme ainsi.

LE MARQUIS. NOUS sommcs parents.

FIGUEROA. Être à votre service sera mon plus bel éloge.

LE MARQUIS. Jc dis quc vous êtes mon parent et que vous le faites voir ; votre façon d'agir dit clairement qui vous êtes*

RIGARDO^ à part. Gomme il l'enlace. i

LE MARQUIS. Pour Dicu l je suis joyeux de cette découverte parce qu'alors mon chagrin vous regarde aussi. Vous âtes aussi parent de doua Clara et vous prendrez comme moi à votre compte son affront.

FIGUEROA. Vous avcz raisou.

LE MARQUIS. Écoutez donc, s'il vous plaît, car notre honneur est en péril.

FIGUEROA, Voilà qui me touche. L'honneur en péril ! Ce n'est rien. Parlez.

Us parlent bas tuus trois.

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