‹ Théâtre d'amourChapitre 23 sur 232 · SCÈNE SIXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE SIXIÈME

as fait... ce serait absurde. Que diable avals- tu besoin de te mêler de tout ça I Justement, j'étais furieux et j'aurais été ravi d'une affaire;

Tu es furieux ?

ikARGBI^^

Dame!

FRANÇOISE

Pourquoi donc ?

MARC EL j entre les dents.

Ça, c'est mon secret. Chacun a ses ennuis, ses affronts... Moi aussi, j'ai peut-être de la peine. Tiens I ce monsieur a bien fait de ne pas se trouver sur mon chemin.

FRANÇOISE

Comment oses- tu te souvenir, quand il consent à oublier?

MARCEL

Est-ce que tu sais si je n'avais pas une raison par. ticulière pour me battre? Une raison légitime, et que tu ne peux connaître.

FRANÇOISE, vivement.

Tu te trompes, mon ami. Cette raison, je la devine parfaitement.

MARCEL

En vérité ?

FRANÇOISE

Oui, je la connais.

MARCEL, éclatant.

Ah ! nous y voilà ! Tu n'avais pas encore approfondi les choses.

FRAUÇOISB.

Oiii, je les approfondis, et ton ironie ïne prouve que je n'ai pas tout à fait tort.

IfARGBL.

Ah! le mariage f

FRAltÇlOISB.

Ahl le devoir!

MARGBL<

J'aime madame Guérin, n'est-ce pas?

FRANQOISB.

Je ne dis pas cela.

MARCBL

Tu le penses.

FRANÇOISB.

Et quand je le penserais? Où serait le crime? Tu l'as aimée, cette femme... Tu Tas peut-êtte revue... il n'y a pas longtemps... Est-ce que je sais où tu vas, moi? Tu ne me racontes pas tout.^-

MARCEL

Je t'en raconte beaucoup trop.

C'est mon avis.

MARCEL

Jalouse !

FRANÇOISE

Bourgeoise, si tu veux. Allons, conviens-en, mon cher Marcel, madame GUérin n'est pas étrangère à ton exaspération?

MAKOÈL.

Ëhbien, oui, je l'aime, je l'adore. Et je Voulais me battre à cause d'elle. Es-tu contente^ mainten&ntf^

SGÈNB 8IXIBMB $1

FRAN9OI8S. i

Il fallait commencer pat là, mon ami, je ne t'ati* fôis pas i^ehu urie minute.

Bll« tonà. en larmes.

JSARCEt.

Elle pleure, elle pleure : Voilà ma liberté.

FRANQOt&Ê, àjéà aiAertiime.

Ta liberté ï je ne souffrais pag, quand je te l'ai promise.

ilËARG^L.

Voilà ta- résignation.

PRANÇOISB.

Tu connaissais la vie, et moi je l'ignorais. Tu n'aurais jamais dû accepter celte résignation.

MARCEL

Tiens ! tu es cominé les autres.

FRANÇOISE, s' animant de plus en plus.

Est-ce que la douleur né îious fait pas toutes pareilles ?

MARCEL

Je le vois.

FRANÇOISE

Que veux-tu? Tant qu'on n'a pas connu le bonheur on est prête à tous les sacrifices, mais une fois qu'on le possède, on ne consent plus à être malheureuse.

MARCEL

C'est là la diffieulté.

FRANÇOISE

Un peu de pâtiéheé, ttion cher : jfe ne suis pas

encore arrivée à cet état de scepticisme et de complicité que tu souhaites chez ta femme, et dont je me croyais si proche. Mais ça viendra bientôt, je te la îure. D'abord je me le suis promis.

AIARGEL^ ému.

Je n'en demande pas tant.

FRANÇOISE

Je suis situpido de me révolter, tu as raison. A quoi bon? Je serai bien avancée quand par ma gaucherie ou mes exigences, j'aurai perdu l'amant le plus délicieux de la terre.

MARGBL.

Le plus délicieux! ...

FRANÇOISE

Malheureusement.

MARCEL, désarmé.

Si tu me prends par la vanité!...

FRANÇOISE

Je n'ai pas envie de rire.

MARCEL, avec tendresse, tombant à ses pieds»

. Mais aussi, tu me fais dire des choses que je ne pense pas. Je suis un bon garçon, moi. Je ne t'ai pas trompée, non, je n'aime que toi au monde, tu le sais bien ; demande à toutes les femmes.

Un silence.

FRANÇOISE, riant à travers ses larmes.

La perle des maris!... Tu ne vas pas sortir? Tu restes ?

MARCEL, dans les bras de Françoise.

Est-ce que je peux m'en aller, maintenant qut je guis là?... Et puis tu es si jolie lorsque...

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