‹ Théâtre d'amourChapitre 30 sur 232 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

VANINA

Qui te rend si gentil, Lazzare ? Est-ce le vin ?

LAZZARO

Qui saitt

VANINA

Recule un peu.

LAZZAEO.

Que celle qui t'accuse Fasse amende en chemise, ô divin Sjrracuse f

VANINA

Recule un peu, mon cher, ton souffle pst parfumé.

LAZZARO

Ton odeur de goudron, 6 Syracuse aimé !

Évoque la senteur du bateau qui voyage.

Loin des hommes méchants et loin du mariage.

Je fuis en galion, lorsque tu me remplis.

Je crois qu'une galère avec un doux roulis.

Par un vent frais, la nuit, m'entraîne à toutes voiles

Vers l'île des heureux qu'on distingue aux étoiles.

VANINA

Mon rêve est plus amer.

LAZZARO

Ton rêve?

VANINA

En ce moment.

Là-bas une felouque emiiorte mon amant.

A bord, tout près de lui, se tient doni Thérèse ; Sa tête mince et bnine émerge de sa fraise ; Ils lisent Gamoéns, accoudés sur le pont. Parfois un brick salue et le bateau répond.

C'est le soir, les rameurs sifflent des airs mauresques

On a passé devant les côtes barbaresques.

Tout à coup les gabiers grimpent dans les chouquets

L'éclair jaillit, l'infante a les yeux moins coquets.

Et Renate effaré, car voici la tourmente.

En disant un Vater, la couvre de sa mante...

Mais tu n'écoutes pas*

LAZZARO

J'écoutais votre voix ; Le rossignol chantait et j'étais dans les bois.

VANINA

Hélas ! je ne suis pas le rossignol fantasque. Mais le noir cormoran qu'a surpris la bourrasque. Et qui fuit éperdu, prisonnier gémissant De rOcéan qui monte et du ciel qui descend.

LAZZARO

Vous avez, iion bichon, trop de mélancolie.

VANINA

Il part.

LAZZARO

Il reviendra.

VANINA

Quand on part, on oublie.

LAZZARO

Quand la femme est ardente, on lui dit au revoir.

Je ne suis pas..

LAZZARO

Mensonge t au fond de ton œil noir Passent les voluptés qui consolent des peines.

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