SCÈNE DEUXIÈMI G
vanina!.
Lazzaro...
LAZZARO
Les couvents des Espagnes lointaines N'ont pas sous leurs barreaux, pour tenter les galants. De petits corps mieux faits et plus ensorcelants Que ce corps qui s'incline aux caresses lunaires Et rendrait leurs vingt ans à tous les centenaires.
VANINA
Tu crois ?
LAZZARO
Je me connais en objets de valeur.
VANINA
Je ne dois pas le voir avant la Chandeleur.
LAZZARO
Des présents dans les mains, pris d'une folle idée. Il reviendra pareil aux mages de Ghaldée ; Une étoile d'argent marchera devant lui; Et tu seras moins froide après six mois d'ennui.
H m'écrira souvent?
LAZZARO
Souvent ; les caravelles Qui sortent du Fefrrol apportent des nouvelles. Ton amant resterait, s'il avait quelque bien ; Mais le pauvre est le chien du riche, un maigre chien; Et c'est pour obéir à son doge en soutane. Qu'il suit doua Thérèse à bord d'une tarUme.
VANINA
Alors, il m'est ûdèle?
70 L'iNFiDÈLI
LAZZABO.
Ëpouyantablement.
Hier, l'esprit brumeux, comme un reître allemand, Accoudé sur la croix de fer de sa flamberge. Il déclamait des vers, assis dans une auberge.
VANINA
Des vers?...
LAZZARO
Qu'il te rîtnà jadis.
VANINA
Vrai?
Te voilà
Joyeuse.
Redis-les.
VANtNA.
LAZZARO
Un baiser pour cela.
VANINA
Parle, mon cœur est plein d'angoisse inexpliquée.
LAZZARO
C'était près de Saint-Marc, catholique mosquée,
VANINA
Parle donc.
LAZZARO» déclamant.
C'est assez d'amitié.
Je ne peux plus attendre ; Et tu dois par pitié Te soumettre et t'é tendre.