SCÈNE CINQUIÈME
Rentre, petite, il tonne, et les bravi masqués Sont les seuls damoiseaux qui rôdent sur les quais.
L*orage redouble.
VANINA
Je sortirai quand même.
Quelques éclairs. — Reculant.
Oh!
LAZZARO
Le ciel se lézarde.
VANINA^
Je veux me perdre.
LAZZARO
Entends.
VANINA
Tant pis; je me hasarde.
Encore des éclairs.
I>ieuf
Quel charivari! Les mariés nouveaux, Refroidis brusquement,suspendent leurs travaux.
VANINA, sur le seuU; avec menace.
Je rentre, mais...
LAZZARO
Bonsoir. .En défaisant tes nattes, Sans doute, il te plairait qu'un joueur de sonates Chantât sur la terrasse où nous causons tout bas; Sans doute il te plairait, en retirant tes bas. Que Renato Ziani jaloux, quoique bigame. Étranglât le ténor et lui coupât sa gamme. Or, tu te coucheras cette nuit sans chanson.
ion L'iNFtDÈLl
VAMIMA,
Qui saitf
A part.
Si je venais éû habits de garçon Sous ma fenêtre, avaiit que Renato s'embarque,
 Tjazzaro. ^
Je n'attends à minuit aucùû seigneur de marque. Mais le hasard est grand.
LAZZARO
Et tu crois qu'un muguet Va surgir?
VANINA
Je le crois. Veux- tu faire le guet?
Inutile, ma chère, et je crains les averses.
VANINA
Je t'en prie
LAZZARO
A quoi bon?
VANINA
Dieu qui voit mes traverses Peut jeter à ma porte un amant inconnu Pour consoler ma peine et baiser mon pied nu. J'entends l'ami futur-qui vient dans la nuit vague ; C'est un aventurier dont le cœur extravague; Gomme un oiseau perdu qui se trompe de nid. Il s'arrête à mon seuil où le malheur finit. Je ne le connais pas, il ne m'a jamais vue. Quelques verres de Chypre ont causé sa bévud; Mais j'ouvre dès qu'il a soulevé le marteau. Car il porte l'amour caché dans son manteau;