‹ Théâtre d'amourChapitre 43 sur 232 · SCÈNE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE CINQUIÈME

Rentre, petite, il tonne, et les bravi masqués Sont les seuls damoiseaux qui rôdent sur les quais.

L*orage redouble.

VANINA

Je sortirai quand même.

Quelques éclairs. — Reculant.

Oh!

LAZZARO

Le ciel se lézarde.

VANINA^

Je veux me perdre.

LAZZARO

Entends.

VANINA

Tant pis; je me hasarde.

Encore des éclairs.

I>ieuf

Quel charivari! Les mariés nouveaux, Refroidis brusquement,suspendent leurs travaux.

VANINA, sur le seuU; avec menace.

Je rentre, mais...

LAZZARO

Bonsoir. .En défaisant tes nattes, Sans doute, il te plairait qu'un joueur de sonates Chantât sur la terrasse où nous causons tout bas; Sans doute il te plairait, en retirant tes bas. Que Renato Ziani jaloux, quoique bigame. Étranglât le ténor et lui coupât sa gamme. Or, tu te coucheras cette nuit sans chanson.

ion L'iNFtDÈLl

VAMIMA,

Qui saitf

A part.

Si je venais éû habits de garçon Sous ma fenêtre, avaiit que Renato s'embarque,

 Tjazzaro. ^

Je n'attends à minuit aucùû seigneur de marque. Mais le hasard est grand.

LAZZARO

Et tu crois qu'un muguet Va surgir?

VANINA

Je le crois. Veux- tu faire le guet?

Inutile, ma chère, et je crains les averses.

VANINA

Je t'en prie

LAZZARO

A quoi bon?

VANINA

Dieu qui voit mes traverses Peut jeter à ma porte un amant inconnu Pour consoler ma peine et baiser mon pied nu. J'entends l'ami futur-qui vient dans la nuit vague ; C'est un aventurier dont le cœur extravague; Gomme un oiseau perdu qui se trompe de nid. Il s'arrête à mon seuil où le malheur finit. Je ne le connais pas, il ne m'a jamais vue. Quelques verres de Chypre ont causé sa bévud; Mais j'ouvre dès qu'il a soulevé le marteau. Car il porte l'amour caché dans son manteau;

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