‹ Théâtre d'amourChapitre 45 sur 232 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

LAZZAHO, seal.

Plus d'orage; maudis ton ami rancunier.

Délace ton corset, ferme la porte au pêne. Et repose en dormant ton,cei*veau plein de peine. Je sais ton innocence, et comme avec mépris Tu m'aurais repoussé, si je m'étais mépris. Choisis pour partenaire un damoiseau novice ; Sans doute un moins méchant t'aurait rendu service. Moi, j'aime à voir pleurer, car je suis endurci.

Un silence.

Va, ce n'est pas la peur qui me chasse d'ici ; J'ai fait des trous sanglants. avec ma lansquenette Et, le premier jadis devant Barcelonnette, J'ai mis l'échelle au mur et grimpé sans cuissard*

SGÉfiË SiXiÈME 10.9

J'avais dans mon pourpoint les sonnets de Ronsard; Et la balle d'un gueux, hasard ou préférence. Tomba sur les quatrains du poète de France. Le soldat fut sauvé par un livre de vers. Depuis lors médecin, bravo, frère convers. Artiste très obscur et «cocu très illustre. J'ai promené partout ma carcasse de rustre. Mais las d'errer parmi tant de gens accouplés, J 'attends le soir que Dieu promet aux accablés Où je me coucherai mort, entre deux bougies. Encor quelques chagrins, encor quelques orgies. Et puis je crèverai comme un pauvre animal, Ayant beaucoup souffert et fait un peu de mal. Je rendrai ma belle âme au Seigneur magnanime. Et je ne serai plus qu'un squelette anonyme.

On entend quelques paroles d'une chanson éloignée.

Tiens^ des, étudiants et des £pmmes sur l'eau.

Le chant cessa.

Quelque baiser sans doute interrompt le solo. Sous les ponts byzantins que la lune découpe. Près des blancs escaliers, ils passent en chaloupe. L'amour va chiffonner les jupes de gala. Un de ces écoliers devrait s'arrêter là. Paraisse une guitare entre les bras d'un homme ! Et je laisse apporter, afin qu'on les consomme. Les truffes du Piémont et les vins de l'Etna Que j'aurais savourés en embrassant Nina.

Regardant de tous les côtés.

Personne. Rien d'humain, hormis mon beau physique. Caressé par le flot, la lune et la musique. Le vieux Palais-Ducal rêve d'arrêts de mort.

Regardant la maison.

Si j'étais bon ce soir ? J'ai presque du remord.

Portant la main à son épée.

otons de son écrin ce bijou de Tolède ; Et restons là, morbleu, puisqu'elle n'est pas laide. Flamberge au vent, Renate, et nargue des sergents ! Le duel aujourd'hui distrait beaucoup de gens. Vingt cadavres par nuit, c'est Jle compte à Venise. Vive le point d'honneur, quand l'honneur agonise ! — Hélas ! les coups d'estoc tentent les plus pouilleux Et les fils de banquiers deviennent chatouilleux. Il faut fermer la bouche à la foule trompée. Tous les fils de voleurs savent tirer l'épée.

Yanina parait aq fond.

Quelqu'un.

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