ACTE PREMIER
GERMAINE
Ainsi, tu as sur toi un costume trop léger.
ETIENNE
Tu te trompes, je suis assez couvert.
GERMAINE
Pas pour le mois de mars.
. ETIENNE, bâiHant.
Rassure-toi, Je mé porte à merveille.
GERMAINE
En attendant, tu bâilles, tu as des crampes d'estomac.
ETIENNE
Je bâille parce que c'est l'heure du dîner, j'ai faim.
GERMAINE
Tu as beau dire, tu es plus pâle que d'habitude-
Laissons ma santé tranquille.
GERMAINE
Après tout, ta pâleur s'explique; tu as beaucoup travaillé ces temps-ci.
ETIENNE
C'est une erreur. Tu sais bien que non. Pauvre travail, n'en parlons pas, je te gronderais : heureusement que nous sommes riches! Allons, avoue-le, ça te fait un peu honte de me voir si changé?
GERMAINE
Ça m'ennuie tout simplement.
ETIENNE
Je ne mène pas la vie aue ie devrais mener : je me
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couche trop tard, je me lève trop tôt. Voilà l'explication de ma mauvaise mine. Tu n'as pas besoin d'en chercher une autre pour apaiser tes remords.
GERMAINS
Tu crois?
ETIENNE
Qui ne serait fourbu à ma place? Nous dînons en ville, nous sortons, nous soupons, noiis nous agitons sans cesse. Hier, il était trois heures quand nous sommes rentrés..; et naturellement...
Dire que tous les lendemains c'est la même chose! Il faut toujours que tu môles des regrets aux moindres joies. Que veux-tu? on n'est pas parfaite. Je ne peux pourtant pas être triste, quand... Si je le. disais, je mentirais. Et puis quelle erreur de s'imaginer que les heures les plus douces sont fatalement les plus nuisibles I Je ne suis pas de cet avis-là.
ETIENNE
Parbleu.
GERMAINE
Dans tous les cas, hier, c'est toi qui m'as proposé de sortir.
ETIENNE
Je le reconnais.
GERMAINE
Enfin.
ETIENNE
Il est vrai que nous venions de nous disputer. Ote la dispute, il n'y aurait pas eu de réconciliatioii.
GERMAINE
Avec ça*