ACTE PREMIER
ETIENNE
Puis, lu avais justement cette robe qui te rend si jolie et chaque fois que tu la mets, j'ai remarqué...
OERMAINB.
Quoi?
ETIENNE
Que tu faisais de moi tout ce que tu voulais
GERMAINE
Allons donc.
ETIENNE
Aussi, tû la mets constamment.
GERMAINE
Par reconnaissance.
ETIENNE
Je t'en prie, Germaine, habille-toi autrement; quand tu es comme ça, je perds la tête.
GERMAINE
Malheureusement tu la retrouves.
ETIENNE
Trop tard.
GERMAINE
Le matin.
ETIENNE
Il faut bien que le jour arrive
GERMAINE, avec mélancolie.
Ah I le jour, c'est mon ennemi. Dès qu'il paraît, ta recouvres ta raison, ton intelligence, ta cruauté, tu accueilles tout ce qui est contre moi, tout ce qui condamne mon amour, tu te reprends. Mon pouvoir cesse avec le jour, mon prestige s'évanouit et alors
18a AMOUREUSE
je n'ai plus en face de moi qu'un étranger, un homme que je ne suis pas sûre de reconquérir. Ahf pourquoi cette minute charmante où je suis si réellement la moitié de toi-même s'envole-t-elle ? Gomment les esprits ont-ils des pensées différentes quand les corps ont des sensations semblables! Hélas! ,on est deux êtres après cela, deux êtres séparés et queitluefois deux adversaires. Quelle bêtise I
ETIENNE
Peut-être, ma chérie, que si nous faisions deux chambres...
GERMAINE
Deux chambres? Non, je préfère que tu me détestes en te réveillant, je veux dormir là sur ton cœur, comme un enfant, toute ma vie. J'ai bien réfléchi et je n'ai pas trouvé de meilleur moyen d'être heureuse. / Si tu m'ôtais ces nuits-là, que nous resterait-il?
^' ' ETIENNE, fat.
Alors, quand tu t'endors sur cette épaule, tu es contente ?
Non.
Menteuse.
GERMAINE
Tais-toi, tu parles toujours du bonheur que tu donnes et jamais de celui que tu reçois. Et pourtant, imbécile, si tu m'aimais comme je t'aime, tune sais pas la joie que tu aurais. Va, je ne changerais pas mon sort contre le tien, malgré toutes les misères que tu me fais.