‹ Théâtre d'amourChapitre 69 sur 232 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ETIENNE

Puis, lu avais justement cette robe qui te rend si jolie et chaque fois que tu la mets, j'ai remarqué...

OERMAINB.

Quoi?

ETIENNE

Que tu faisais de moi tout ce que tu voulais

GERMAINE

Allons donc.

ETIENNE

Aussi, tû la mets constamment.

GERMAINE

Par reconnaissance.

ETIENNE

Je t'en prie, Germaine, habille-toi autrement; quand tu es comme ça, je perds la tête.

GERMAINE

Malheureusement tu la retrouves.

ETIENNE

Trop tard.

GERMAINE

Le matin.

ETIENNE

Il faut bien que le jour arrive

GERMAINE, avec mélancolie.

Ah I le jour, c'est mon ennemi. Dès qu'il paraît, ta recouvres ta raison, ton intelligence, ta cruauté, tu accueilles tout ce qui est contre moi, tout ce qui condamne mon amour, tu te reprends. Mon pouvoir cesse avec le jour, mon prestige s'évanouit et alors

18a AMOUREUSE

je n'ai plus en face de moi qu'un étranger, un homme que je ne suis pas sûre de reconquérir. Ahf pourquoi cette minute charmante où je suis si réellement la moitié de toi-même s'envole-t-elle ? Gomment les esprits ont-ils des pensées différentes quand les corps ont des sensations semblables! Hélas! ,on est deux êtres après cela, deux êtres séparés et queitluefois deux adversaires. Quelle bêtise I

ETIENNE

Peut-être, ma chérie, que si nous faisions deux chambres...

GERMAINE

Deux chambres? Non, je préfère que tu me détestes en te réveillant, je veux dormir là sur ton cœur, comme un enfant, toute ma vie. J'ai bien réfléchi et je n'ai pas trouvé de meilleur moyen d'être heureuse. / Si tu m'ôtais ces nuits-là, que nous resterait-il?

^' ' ETIENNE, fat.

Alors, quand tu t'endors sur cette épaule, tu es contente ?

Non.

Menteuse.

GERMAINE

Tais-toi, tu parles toujours du bonheur que tu donnes et jamais de celui que tu reçois. Et pourtant, imbécile, si tu m'aimais comme je t'aime, tune sais pas la joie que tu aurais. Va, je ne changerais pas mon sort contre le tien, malgré toutes les misères que tu me fais.

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