ACTE DEUXIÉyS
Veinard I
ÊTIENNB.
Tiens I ne parlons pas de l'amour, je le maudis, je le hais. Tu te plains d'être trompé? Ah! mon cher, par moments, moi, je rêve de l'être.
PASCAL
Je le suis, mais ne l'est pas qui veut, tu sais.
ETIENNE, agitant une potito glace qu'il a prise sur la table.
Ne ris pas, tout cela est triste, horriblement triste. (Avec rage.) Et je tiens l'existence de cette femme dans mes mains ! Jo lui suis nécessaire comme l'air, comme la lumière As-tu remarqué sa bonne mine quand je reste à la maison? Ma présence est non seulement indispensable à son bonheur, mais encore à sa vie. Je labandonnerais que je serais un misérable.
PASCAL, gouailleur.
Quelle responsabilité !
ÉTIENNB.
Aht la bonté t.. .
PASCAL
Ne brise pas ce miroir, ça porte malheur, et puis j'y tiens. C'est Catherine Villiers qui te l'a donné, il y a dix ans, quand tu étais beau, et il me rappelle ta vie de garçon.
ETIENNE
Hein? J'étais plus gai dans ce temps-là.
PASCAL
Probablement parce que ta maîtresse t'aimait moing que ta femme...
206 AMOUKEUSI
ETIENNE
Ou satyait mieux ui'aimer. Elle avait compris que j'étais déjà fatigué d3s complications^ et que Theure de la sagesse avait sonné. Son intelligence faisait mon travail joyeux. J'étais un bon garçon alors.., La déliiîieuse camarade \
Oui, mais quelle mauvaise actrice.
ETIENNE
Nous vivions ensemble et pourtant' nous étions d accord.' Il n'y a pas à dire, j'avais la paix.
PASCAL
La paix conjugale.
ETIENNE
Dire que si elle n'avait pas été une amie parfaite je n'aurais peut-être jamais songé au mariage. Loyauté, calme, bon sens, elle avait tout.
PASCAL
Si bien qu'un jour tu t'aperçus que quelque ebose lui manquait. - ■ > .
ETIENNE
Peu à peu, je me mis à lui en vouloir tou^ bas des amants qu'elle avait eus, et à côté d'elle j'en vins à rêver d'une épouse irréprochable, (a lui-même.) Stupide 1
PASCAL
Tu avais fait ton noviciat, tu pensas à prononcer tes vœux.
ETIENNE
Le reste, tu le sais, puisque tu en as souffert.
PASCAL
C'est alors que je m'épris bêtement d'une jeune