‹ Théâtre d'amourChapitre 91 sur 232 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

GERMAINS

C'était convenu, tu me l'avais dit.

ETIENNE

J'ai dit cela en l'air... Quelle précipitation! Et à qui les as-tu données ?

GERMAINE

Au comte d'Hérivault.

ETIENNE

A ce petit idiot?

GERMAINE

Oui, quand il est venu, tout à l'heure.

ETIENNE

Gomme ça, tout de suite... En vérité, il eût ttiieux valu en faire profiter quelqu'un de plus intelligent. Justement, mademoiselle Villiers n'avait pas de place; si j'avais ténu à rester chez moi ce soir, je lui aurais offert les miennes.

GERMAINE

C'est pourtant la dernière personne à laquelle tu pouvais les offrir.

ETIENNE

Ça va de soi; et je ne l'aurais p?.s fait. D'ailleurs, la question n'est pas là. Ah ! quel dommage 1 Je n'ai pas de chance aujourd'hui.

GERMAINE

Si je m'attendais à ce regret!... Gomment prévoir que tu serais aussi vexé ?

ETIENNE, stupidement.

J'ai bien le droit d'aimer la musique I

GERMAINE

Nous avions décidé de ne pas sorti/é

228 AHOUREUSK

fiTIËNMB.

Ce n'est pas une raison^ on ne se presse pas tant.

GERMAINE

Tu m'avais promis ta soirée.

ETIENNE

On laisse aux gens la possibilité de changer d'idée Ahl tu ne perds pas de temps, toî, sapristi I Toujours la même, et par-dessus le marché, tu me ris au nez, tu te moques de moi.

GERMAINE

Tu fais une si drôle de tête aussi t

étiî:nne.

Je suis coffré, n'est-ce pas? Ça t'amuse. SoitI Nous passerons la soirée ensemble. Ahl quelle vie I

GERMAINE

Tu recommences, tu veux encore me faire souffrir, ^

ETIENNE

Et moi, crois-tu donc que je ne souffre pas? Je suis méchant, j'en conviens, mais je suis malheureux,

GERMAINE

Tu es malheureux? C'est trop fort, que t'ai-je fait».

ETIENNE

Tiens, ne mé force pas à parler.

GERMAINE

Explique-toi, tu m'ennuies à la fin. Qu'est-ce qu'il y a?

... ETIENNE, se levant avec colère et jetant sa serviette sur la table.

Il y a que j'en ai assez , que je suis à bout et que je me révolte. Oui, je suis las de ta tendresse absor-

Page 1