ACTE DEUXIEME
bante, exagérée^ de ton despotisme d'être faible^ de tes persécutions sentimentales. J'étouffe moralement et matériellement, je veux être libre.
GEBMA.IKB.
Tu es libre.
ETIENNE, avec haine, avec emportement.
Non, car je ne suis jamais ma fantaisie, car si je fais quelquefois ce que je veux, je ne fais jamais ce qui me plaît, ce que je rêve de faire. Ma liberté, je ne l'ai pas, je la prends, je la vole. Je ne la tiens môme pas de ton consentement, mais de monégoïsme et de ma cruauté. Hélas! j'ai toujours l'air coupable quand je suis content. Mes plaisirs ressemblent à djB mauvaises actions. Sois franche, ta jalousie s'accommode mal de mes accès d'indépendance, et je les expie chaque fois par tes Lirmos, tes transports et tes récriminations.
GERMAINE, se levant à son tçur.
Tais- toi, c'est atroce. Je sais ce que tu vas dire, ne continue pas.
ETIENNE
Quand je pense que j'en suis réduit à écrire mes lettres dans un café pour ne pas être questionné; que j'en arrive à descendre dans la rue sans motif, sans but, pour me soustraire à ta tyrannie, par instinct de conservation ! Dieu me préserve de tomber malade, je serais ton prisonnier ! Jamais je n'ai vu une liaison pareille. Ma vie se passe à vouloir t'échapper, la tienne à vouloir me prendre. Que t'importent mes ambitions et mes rêves, tu n'y comprends rien. Quand puis-je travailler ici? Toutes nos heures sont dévorées par des disputes et des réconciliatiouB. Et pourtant mes mensonges écartent bien des tempêtes.
âBRMAIMS.
Tes mensonges?
Oui, je mens souvent, je dissimule, j'altère un tas de choses.,
aSRMAINB.
Pour avoir la paix?
ETIENNE
C'est ta faute. Grâce à ta nature soupçonneuse, le mensonge est maintenant installé dans mon existence, et cela de telle façon que, si demain je pre^ nais une maîtresse, je n'aurais rien à changer à mes habitudes.
OEEMAINfi.
Ah ! Tu es le plus malheureux des hommes, je le reconnais, mais quand on est aussi lâche, on n'est pas à plaindre.
ETIENNE
Insulte-moi, si tu veux. Cette fois, tu n'exploiteras pas ma colère, je t'en préviens; tu ne réussiras pas à en tirer un repentir caressant, une heure de lâcheté amoureuse. Au surplus, mon emportement est un détail et toutes tes larmes ne changeront pas les choses; ce qui est grave, ce n'est pas ce que je dis, c'est ce qui est.
GERMAINE
Oui, c'est ce qui est.
ETIENNE
Je suis ton mari, tu es ma femme, je devrais m'incliner. Je n'aurai jamais le courage de te quitter, n'est-ce pas? Je me connais; alors à quoi bon? autant me résigner tout de suite. Je t'appartiens; c'est