ACTE BEUXIÈMK
ton droit d'espionner ma vie> de cçntrôler mes actions, d'épier mes gestes, de fouillet dâiife moii cerveau comme dans ces tiroirs. Tu peux, s'il te plaît, tant qu'il te plaît j m*interroger, m'approuver, me blâmer. Je n'ai qu'à courber la tête, car cette maison est la nôtre, ces meubles sont les tiens, mes livres sont à toi. Ma fortuné, mon nom, mes amitiés, mes . haines, tout cela est à nous deux ici, je n'ai plus rien à moi seul, rien! C'est ton droit d'interrompre ma tâche, de t'asseoir à ma table de travail, de me traquer de chambre en chambre, de m'imposer ta présence, ta conversation et tes épanchements, c'est ton droit!
GERMAINE
Ce n'est pas une question de droit, mon ami, c'est une question d'âtnoùr.
, ETIENNE
Eh 1 je n'en suis pafe moins ta victime, ta victime depuis huit ans.
GÉRMAINB.
Depuis huit ans?
ETIENNE
Oui, et mon supplice n'est pas fini.
GERMAINE
Quelle trahison!
ETIENNE
Longtemps encore, il nous faudra accomplir côte à côte tous les actes de la Vie quotidienne, jusqu'aux plus grotesques, mêler nos habitudes, nos intérêts et nos déceptions. Nous sommes condamnés l'un à l'autre et nous parleions d'amour éternellement, tous le» jours.
232 AMOUAEUSB
GERMAINS
Et tous les soirs.
ETIENNE
Ah! que m'importe la nuit! JFiêîme encore mieux donner mon corps que ma pensée.
GERMAINE
Tu ne renies pas ces heures-là, c'est étonnant.
ETIENNE
Je les bénirais peut-être, ces heures, si tu n'étais pas toujours la première à les souhaiter.
GERMAINE
Tu mens.
ETIENNE
Si tu n'en diminuais pas' le prix par la hâte de tes consentements, si tu laissais quelquefois mon désir rôder autour de toi..
GERMAINE
Je te défends de poursuivre.
Ah î tu as raison. Tu n'es pas fiére.
GERMAINE
Tu mens, ce que tu dis est un mensonge abominable. Ce n'est pas mon désir qui mendie, c'est le tien. Oui, c'est toi qui...
ETIENNE
Parce que tu es triste, parce que je suis vaincu.
GERMAINE
Parce que tu es bon ?
ETIENNE
Oui, le plus sauvent ma tendresse est une capitulation.