SCENE I. — SOPHÀR , seule, un arrosoir à la main
SOPHAR.
Travailler au jardin, faire le ménage, servir de guide au bon vieux Tobie, tout cela ne serait rien s’il ne fallait pas encore obéir à ma maîtresse !... Oh, quelle femme! quelle femme!... Depuis le départ de son fils, il n’y a plus moyen d’y tenir, et surtout depuis quinze jours, la pauvre Anne a totalement perdu l’esprit. Je comprends bien qu’une mère, inquiète pour son enfant, n’est pas obligée d’être tout à fait raisonnable ; mais, parce qu’on aime son fils, on n’est pas en droit de tourmenter son mari , de brusquer ses voisins , de désoler sa servante; en un mot, de faire un train, un vacarme qui nous tient éveillés la nuit et le
LE RETOUR DE TOBIE
jour. Sans mon maître, il y a longtemps que je ne serais plus ici; mais comment quitter Tobie, cet homme si bon, si charitable, si patient?... Quelqu’un vient. . . C’est Éliphas, l’ami de la maison.