SCÈNE II.— SOPHIE, PAULINE, CONSTANCE
CONSTANCE, accourant.
Sophie ?... (Elle aperçoit Pauline, et s'arrête. Moment de silence, pendant lequel Pauline les examine.)
SOPHIE
Vous nous cherchiez, Constance.
PAULINE
Oui, elle est charmée de nous trouver ensemble. . . cela se peint sur sa physionomie.
CONSTANCE
Pourquoi non, Pauline? Je vous aime également l’une et l’autre, vous le savez bien.
PAULINE
Sans doute. La confiance est entre nous trois! l’une est absente, les deux autres s’ennuient. C’est ce que nous éprouvions, ma sœur et moi, quand vous êtes arrivée : nous voici réunies, nous allons bien causer; asseyons-nous. (Elle approche un banc.)
SOPHIE, bas à Constance.
Il faut dissimuler.
COMÉDIE
CONSTANCE, bas à Sophie.
Nous ne trouverons donc jamais le moment de lire Cette lettre!... (Pauline se retourne et les regarde.)
PAULINE
Eli bien, je vous y prends déjà !
SOPHIE
Quoi?
PAULINE
Vous parlez bas... En vérité, ce n’est pas supportable... On serait en droit d’attendre de deux personnes aussi prudentes, aussi discrètes, un peu plus de politesse. Je craindrais d’être importune... je vous laisse le champ libre. Adieu, Sophie ; ne vous contraignez plus à cause de moi.
SOPHIE
Ma chère Pauline, que vous êtes cruelle! Restez, je vous en conjure...
PAULINE
Non, ma sœur, non... Vous m’impatienteriez, et je me fâcherais; il faut apprendre à se vaincre. Adieu... (Elle sort brusquement.)