SCÈNE IX. — SOPHIE, PAULINE, LA MARQUISE
(Rose survient un moment après.)
SOPHIE
Ah ! maman ! tout est perdu. . .
LA MARQUISE
Que voulez-vous dire ?. . .
SOPHIE
Le baron de Sénanges sait que le chevalier de Mirville est ici.
LA MARQUISE
Est-il possible !
SOPHIE
il est furieux... Des ordres sont déjà donnés pour son départ... La fuite est désormais impossible; toutes nos espérances sont détruites... Ab! maman !...
Qui donc nous a trahies? Ce ne peut être que Gérard ou Thibaut...
COMÉDIE
PAULINE, se jetant aux pieds de sa mère.
Non, maman; n’accusez que moi...
LA MARQUISE
Que dites-vous?...
PAULINE
Hélas! j’ignore l’étendue du malheur dont je suis cause. . J’ai découvert que le chevalier de Mirville est caché dans le château, et je l’ai dit à M. de Sénanges...
LA MARQUISE
Malheureuse !. .. ce chevalier de Mirville est ton frère! Il a tué en duel le fds du baron de Sénanges, et c’est toi qui le dénonces à son mortel ennemi!
PAULINE
Qu’ai-je fait, grand Dieu !
LA MARQUISE
Vois ! ton frère condamné à mort ; ta mère expirant de douleur; ta famille ruinée!... Voilà ton ouvrage, le résultat de ta coupable curiosité. . .
PAULINE
Je me meurs... (Elle tombe évanouie aux pieds de sa mère.)
Ma soeur !...
ROSE
Elle est sans connaissance !...
LÀ CURIEUSE
LA MARQUISE
Rose, secourez-la... Et nous, courons nous jeter aux genoux du baron de Sénanges. Venez, Sophie, venez. . . (Elles sortent toutes les deux précipitamment.)