‹ Théatre d'education a l'usage de la jeunesseChapitre 8 sur 106 · SCÈNE I. — MÈLANIDE, LUCIE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — MÈLANIDE, LUCIE

(Cette dernière a l’air triste et rêveur.)

MÈLANIDE.

Je suis charmée, mon enfant, de vous avoir fait revenir une seconde fois dans le salon ; votre succès m’a causé un plaisir inexprimable.

J’ai cependant bien mal joué du clavecin.

MÈLANIDE.

Tout le monde, je vous assure, a été enchanté de vos talents.

LUCIE

Ma tante, ces éloges-là sont-ils bien sincères?

MÈLANIDE.

Ce doute fait honneur à votre modestie; mais rassurez-vous, mon enfant, et croyez qu’il n’y a point de louanges auxquelles vous ne puissiez justement prétendre. . . Adieu, ma chère fille, il faut

L’ENFANT GÂTÉ, achever de prendre vos leçons ; je vais vous envoyer Dorine, et dans deux heures je reviendrai vous chercher pour aller à l’Opéra. (Elle soi t.)

LUCIE, seule.

Comme sa tendresse est aveugle!... Tout ce

qui dépendait d’elle, elle l’a fait pour me donner une éducation distinguée... et moi, commentaije répondu à tant de soins ?

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