SCÈNE I. — MÈLANIDE, LUCIE
(Cette dernière a l’air triste et rêveur.)
MÈLANIDE.
Je suis charmée, mon enfant, de vous avoir fait revenir une seconde fois dans le salon ; votre succès m’a causé un plaisir inexprimable.
J’ai cependant bien mal joué du clavecin.
MÈLANIDE.
Tout le monde, je vous assure, a été enchanté de vos talents.
LUCIE
Ma tante, ces éloges-là sont-ils bien sincères?
MÈLANIDE.
Ce doute fait honneur à votre modestie; mais rassurez-vous, mon enfant, et croyez qu’il n’y a point de louanges auxquelles vous ne puissiez justement prétendre. . . Adieu, ma chère fille, il faut
L’ENFANT GÂTÉ, achever de prendre vos leçons ; je vais vous envoyer Dorine, et dans deux heures je reviendrai vous chercher pour aller à l’Opéra. (Elle soi t.)
LUCIE, seule.
Comme sa tendresse est aveugle!... Tout ce
qui dépendait d’elle, elle l’a fait pour me donner une éducation distinguée... et moi, commentaije répondu à tant de soins ?