BASILE
0 ciel !...
LE SEIGNEUR
Vous ne pouviez mieux faire, mère Monique,
COMÉDIE
Thérèse est digne d’être votre fille. Je ne l’admire pas d’avoir déclaré la vérité, elle eût élé coupable en la taisant ; mais je la loue de la manière noble et franche dont elle a fait l’aveu de sa faute. Elle aurait pu ne confier ce secret qu’à deux ou trois personnes; c’en était assez pour faire rentrer Hélène dans tous ses droits à la rose : au lieu de cela, elle a voulu faire éclater le triomphe de son amie à tous les yeux ; c’est dans la grande place qu’elle a conté son histoire, ne cherchant point à s’excuser, ne songeant qu’à faire valoir Hélène, et croyant par cette action perdre à jamais la rose et sa réputation : voilà ce qui mérite l’estime, les éloges des bons Salenciens, et le titre que vous lui offrez. Mais ne différons plus la cérémonie touchante qui doit couronner la vertu : venez, Hélène ; séparez-vous un instant de vos dignes parents; je vais vous conduire à l’église, c’est le plus beau de mes droits; il m’honore trop pour qu’il me soit possible de le céder même à votre
mère. (Il s’approche d’elle et lui présente la main; Hélène fait la révérence, et s’appuie sur son bras.) Geneviève, VOUS allez nous suivre ; et vous, mère Monique, pourrez-vous venir ?
MONIQUE
Oui, oui, not’ seigneur, j’ai retrouvé mes jambes de quinze ans .
GENEVIÈVE
Ma chère bonne mère, nous allons vous aider, Basile, Thérèse et moi.
MONIQUE
Allons, mes chers enfants, soutenez donc votre heureuse vieille mère.
CE SEIGNEUR
Je ramènerai ici la rosière; comme je le dois; ensuite j’espère qu’elle voudra bien, avec sa famille et tout le village, venir au château danser jusqu’à la nuit.
MONIQUE
Ah ! de grand cœur.
LE SEIGNEUR
Allons, partons, et marchons doucement, à cause de la bonne mère Monique. (Le seigneur, conduisant la rosière passe devant; ensuite Monique, soutenue par Geneviève, Basile et Thérèse. Le prieur et le bailli vont sur la même ligne; les jeunes filles après ; les curieux, les dames étrangères et les ménétriers ferment la marche Aussitôt que la marche commence, les ménétriers jouent un air champêtre. Madame Dumond et Mimi restent les dernières. Tout le monde sort, à l'exception de Madame Dumond et de Mimi.)
MIMI
Eh bien, maman, pourquoi donc ne les suivezvous pas? c’est si beau.
MADAME DUMOND.
J’en suis tout abasourdie !... Ah! j’ai fait quatre lieues pourvoir ça, etje ne suis qu’une marchande ; mais vois-tu , Mimi , ça mériterait la présence d’une reine; oui, une reine serait ravie, extasiée, en voyant ces bons, ces dignes Salenciens, je le gagerais.
MIMI
Maman, allons donc les retrouver.
MADAME DUMOND.
Allons, viens. Ah! que ne suis-je née à Salency. (Elles sortent.)
LA
MARCHANDE DE MODES
Comedid en un acte.
PERSONNAGES
Madame DUPRÉ, marchande de modes.
JUSTINE, première fille de boutique.
ANNETTE,
MARTHE, f £||jes i)0UliqUe JOSÉPHINE i ISABELLE, )
La marquise de LINCÉ.
La baronne d’ELSAC.
la scène est à Paris, chez madame Dupré,
LA
MARCHANDE DE MODES
ComiYw.