MÉLANIDE, LUCIE
( Celle dernière a Vair triste et rêveur. )
Je suis charmée.^ mon enfant, de vous avoir fait revenir une seconde fois dans le salon ^ les succès que vous venez d'avoir m'ont fait un plaisir inexprimable.
LUCIE
J'ai cependant bien mal joué du clavecin.
Oh , je vous assure que tout le monde a e'té enchanté de vos talens.
LUCIE
Ah , ma tante , ces éloges- là sont-ils bien sincères?
MÉLANIDE
Ce doute fait honneur à votre mo-
tie ^ mais rassurez-vous , mon enfant , et croyez que , quand vous le voudrez , il n y a point de louanges auxquelles vous ne puissiez justement pre'tendre... Adieu , ma chère fille , il faut achever de prendre vos leçons^ je vais vous envoyer Dorine, et dans deux heures je reviendrai vous chercher, et nous irons à Fope'ra. {Elle sort.) LUCIE, seule.
Comme sa tendresse l'aveugle en ma faveur!... Hélas! elle a fait tout ce qui de'pendoit d'elle pour me donner une éducation distinguée... et moi , qu'ai-je fait pour répondre à tant de soins ?