ROLAND, LATOUR, GASQUET, LUCIEN L'ÉTUDIANTE
I LATOUU, en entrarn,.
Bonjour, les enfants !
GASQUET, apercevant Roland
Toujours premier, ce vieux Roland 1
ROLAND, allant à eu
Ah ! VOUS voilà !...
LUCIEN
Il fait bon ici I
(Ils serrent tous la main A Roland, puis vont au poêlo so réo.haîit' i . GASQUET
Ce qu'il fait frisquet dehors I
LATOUR, regardant autour de lui, sans apercevoir l'étudiaut».
Eh bien, c'est tout ça qu'on est pour la leçon I...
ROLAND, liii "'■•vr.-uil l'étudiant».
Plains-toi... il y a une joiie (Vmme I
LATOUR, vivement.
Oli ! pardon ! Bonjour, Aîademoiselle.
(Il la salue. Tous les autres l'imitent.) l'Étudiante, répondant au salut.
Bonjour, messieurs.
LUCIEN, aux autres internes.
Et Bonnin, et Gravier, et ReynaiiJ?... Ils ne son! pas encore là ?...
GASOUET
Oh I ils ne viendront ^^ûreinent pas.
ROLAND
Pourquoi ?
LATOUR
C'était hier soir la grande fête de nuit à Tabarin... les gueules de bois sont restés au pieu !
l'Étudiante
Oh! qu'est-ce que c'est que ça, un pieu? Voudriez- •■ous m'expliquer ?
LATOUR, allant à elle, p!ais.'tntant.
Un pieu, mademoiselle, c'est uri pluiii.ird.
(Pendant ce temps, les autres internes vont au porte-manteau 6t retirent leurs pardessus et leurs chapeaux.)
l/ÉTUDIAN I E, sans comprendra.
Un plumard?
Rn],ANn, en riant, avec les autres.
Un lit, quoi 1
GASOUET
Est-ce que le palron a bien lot fini sa visite?
ROLAND
Je pense...
(Latour, qui a ct(^ au porte-raanleau se débarrasser do son manteau et de son chapeau, revient au milieu d'eux.)
LATOUR
A propos du patron, nvez-vous lu dans Le Proijrès merfica/de cette semaine rarticleduprofesseurCiiaine?
ROLAND
Non... Il éreinte Marbois?
LATOUR
Tu pi ries!
GASQUET
A propos de quoi?
LATOUR Il y a des dessous... (Il regarde l'étudiante.) dsS dCS-
sous très capiteux... des dessous de femme!
l'étudiante Comment?
LATOUR
Vous comprenez, mademoiselle, qu'on ne peut pas être d'accord sur les problèmes scientifiques quand on se dispute la même maîtresse...
Vous n'êtes pas sérieux, vous autres Français, pas sérieux du tout...
GASQUET, à Latour à mi-voix.
Dis donc, tu m'en demandais une...
LATOUR
Une quoi?
GASQUET
Une femme qui avait du... « fichtre » dans Toeil...
LATOUR
Tu crois que...?
GASQUET, le poussant vers l'éludianta.
Vas-y I mon vieux. Vas-y!
U>E LEÇON A LA SALPÉTUIÈRE 63
LATOUR, soudain très aimable, avec force sourires et gestes.
Mademoiselle, y a-t-il une petite place près de vous? Je me mets entièrement à votre disposition.... Si vous avez besoin de quelque chose...
(Il s'installe près de l'étudiante.)
l'Étudiante, très sèchement.
Mais, monsieur, je n'ai absolument besoin de rien ^ue de tranquillité...
(Elle se lève dignemoat et vient se rasseoir sur une chaise as douzièmo rang.)
LATOUR, penaud, pondant que les autres se retiennent de rire
Ahî Bon!... Bienl...
(On entend une cloche au lointain.) GASQUET
Ahl la visite est finie...
ROLAND
Attention, vous autres...
(Ils viennent s'installer devant leur chaise ; Latour et Roland se placent au premier rang, l'étudiante, Gasquet et Lucien aa deuxième ranj?. — On voit alors le professeur Marbois, suivi de Bernard, Nicole, Bcrnicr, l'infirmière, le garçon de salle, passer devant la fenêtre ; puis la porte de gauche s'ouvre et Marbois entre, précédé do l'intirmicre qui pose sur la table le cahier de service.)
LATOUR, les apercevant.
Voilî'i le patron!
uMarbois, en f ntranl. salue du geste les internes. Il pose son pardessus, et garde sur sa têlo sou chapeau haut de forme.)
64 THÉATRli: D'ÉPOUVANTE
MARBOIS
Bonjour, messieurs...
l'étudiante, à mi-voix, avec admiration.
Ohl qu'il est intéressant I
(Gasquet «t Lucien sourient.) MARBOIS, à l'infirmière.
Avez-vous fait venir la malade que je dois examiner
l'infirmièhe Le numéro trois de la salle Charcot?
MARBOIS
Oui.
l'infirmière
Oui, monsieur, elle est là...
MARBOIS
Bien, faites-la entrer. (L'infirmière sort à droite. — S'adressant à Latour, Roland et Cxasquet.) ASSeyez-VOUS, mCSSieurs,
je vous en prie... (Au garçon.) Ce Uibleau noir ici plus près., et qu'on me donne de la craie rouge, je veux faire tout à l'heure une démonstration à ces messieurs... Allons ! Allons ! Ça devrait être prêt tout ça...
(II relire son chapeau, le pose sur la table. Le garçon approche le tableau noir pendant que Nicolo prend la craie rouge qui est dans le coin du tableau et la pose sur la table. Bernard, Nicolo, Dernier sont restés debout, dans le coin droite de la salle. A ce moment entre la niaiade suivie de l'infirmière. Elle a l'air souriant. Son costuma» d'iiôpital est arrangé plus coquettement que celui des autres. Elle a mis des rubans dans ses cheveux.)