SCÈNE VII JEAN, puis MARTHE
(Une fois seul, la ligure de Jean se décompose, toute sa force l'abandonne; il tombe assis sur le canapé, comme une masse.)
JEAN, la tête dans ses mains.
Fou ! Il est mort fou ! (Se répétant les paroles du médecin.)
« L'hérédité dans les maladies mentales est une loi fatale... implacable...» (Épouvanté.) Implacable ! Alors, je suis perdu... c'est le cabanon... la douche... la mort dégradante... II vaut mieux en finir tout de suite... me tuer! (Désespéré.) Je suis perdu... bien perdu!... (Montrant la porte de droite.) Là... toul à l'heure... l'obsession m'a repris!... l'obsession de tuer... (ii se lève.) Mais pour-
tant, j'ai aussi une volonté... 11 y a en moi comme deux êtres qui se combattent... (Avec rage.) Ma volonté doit être plus forte que ma folie! Il le faut... (Satundns- MiQt.) Et puis, il n'y a pas que ma volonté... il y a tout mon amour, toute ma tendresse pour ce petit être...
(Se leyant et regardant longuement la porte.) Il dort là... Je vaîs y entrer... (Gomme luttant contre lui-même.) Il faut quC j'y
entre... Et si l'angoisse, l'horrible angoisse me reprend, je me tue...
(Il se dirige lentement mais résolument vers la porte de droite.) MARTHE, entrant soudain, une lampe à la main.
Qu'est-ce que tu fais ?
JEAN, s'arrêtant ot balbutiant.
Moi... Rien... Je...
MARTflE
Ton oncle est parti?
JEAI^
Oui...
MARTHE
Alors, tu viens te coucher?
JEAN
J'y vais... Mais avant, je voudrais bien embrasser JS petits... attends-moi.
(Il sort à droite, laissant la porte ouverte, pendant que M.rtl.e reste seule en scène, ayant posé la lampe, et rangeant tran .uillement la corbeille à ouvrage qui est sur la table. Un long silence puis on entend : ) '
VOIX DE MADI':LEI.NE, dans la cliambre de droite.
Tiens! papa!