‹ Théâtre d'epouvanteChapitre 7 sur 84 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Edgard Po6 raconte qu'il rêvait d'écrire une pièce si effrayante que, quelques minutes après lo lever du rideau, les spectateurs seraient contraints de s'en aller en jetant des cris d'épouvante, incapables d'entendre et de voir plus longtemps le drame horrible qui leur était présenté.

C'est une entreprise bien difficile, a-t-on dit, que de faire rire les hommes : ce n'est pas une entreprise si facile qu'on l'imagine de leur faire peur. Et pourtant, si Poë ressuscitait, il verrait son rêve réalisé. Si la plupart des hommes sont peureux, ou, tout au moins, craignent, redoutent, détestent la peur, s'ils ont peur d'avoir peur, chaque jour des milliers d'entre eux se hâtent de terminer leur travail, avancent l'heure de leur diner, mettent les bouchées doubles et se précipitent vers une salle de spectacle... pour avoir peur.

Chez eux, dans leur maison, dans leur bureau, dans la rue, ils fuient la peur... Le soir, au théâtre, ils la désirent.

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