‹ Theatre D'hier et D'Aujourd'huiChapitre 13 sur 81 · CE · texte numérisé non relu

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Peut-on dire qu'Emile Augier se soit renouvelé par la suite et qu'il ait après 1860 élargi sa manière ? Lui-même le croyait et se rappelait avec fierté les Effrontés et le Fils de Giboyer : ils ont fait assez de bruit. — « Mes pièces sociales » disait-il et on l’a répété après lui. — C’est beaucoup dire peut-être.

Sans doute on peut trouver ici plus de vie extérieure, un mouvement plus gai, une verve satirique plus savoureuse. — Les allusions directes donnent au tableau un attrait d'actualité à quoi les contemporains furent sensibles et qui souleva bien des colères et des polémiques. S’attaquer à E. de Girardin, à Louis Veuillot et quelques autres : Il fallait avoir de l’audace et ne pas craindre les répliques et les représailles. — Je vous ai dit qu’Augier est un homme loyal avant tout, qui ne recule pas devant les conséquences de sa pensée, quand il arrive à la préciser et à en être maître.

Mais justement, c’est cette pensée elle-même qui manque d’envergure et, même ici, ne se renouvelle pas. Si E. Augier entre maintenant dans la lutte des partis au lieu de rester dans le cadre limité d’une famille, c’est que les mêmes intérêts toujours lui semblent en péril. Ces rivalités de classes, ces excès de la presse livrée aux financiers, les audaces de la spéculation et des coups de

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