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libre, et c’est toujours Antoine qui a réglé la mise en scène, — Seule l’Ivresse du sage, qui n’est pas la plus heureuse de ses tentatives, a été, comme jadis l’Amour brode, accueillie directement rue de Richelieu. Quant à la Comédie du génie, elle attend encore la bonne volonté d’un directeur — et elle peut attendre patiemment.
M. de Curel d’ailleurs n’a jamais été pressé de produire ses œuvres au grand jour. De la Fille sauvage en 1902, et du Coup d’aile en 1906, qui tous deux appartiennent à la seconde étape de sa carrière, jusqu’à l’ Ame en folie qui inaugure la troisième en 1919, il est resté silencieux. (Je ne parle pas de la Danse devant le Miroir qui n’est, en 1913, qu’une refonte de l’ Amour brode).
Ce n’était pas chez lui épuisement : il n’y a qu’à jeter les yeux sur son actuelle production. Peut-être un peu de dégoût de l'injustice du public. Mais surtout des préoccupations d’un autre ordre qui le retenaient. Il ne faut pas se plaindre de cette retraite de treize ans. L’atmosphère des coulisses n’est pas la meilleure pour un véritable écrivain de théâtre ; rien de plus dangereux que l'habitude de la production courante, régulière, mécanique, en série. Ces années de méditation, ou pour mieux dire d’incubation dramatique n’ont pas été inutiles.
Au cœur de la forêt où il passait le meilleur de son temps, son inspiration s’est retrempée ; il la ramenait à ses sources mêmes : c’est là qu’elle avait jailli tout d’abord. Lisez la longue préface qu’il a mise en tête de l’Ame en folie, vous y trouverez sur la nature, sur la vie des êtres inférieurs, sur les liens qui nous attachent