‹ Theatre D'hier et D'Aujourd'huiChapitre 67 sur 81 · ET D’'AUJOURD’'HUI AR ER ED DEP EE T9 LS SE · texte numérisé non relu

ET D’'AUJOURD’'HUI AR ER ED DEP EE T9 LS SE

cendue de son piédestal — et ensuite cette fantaisie grécomontmartroise de Phryné, une Phryné gentille et familière, capable d’affronter sans rougir, je ne dis pas sans les faire rougir, tous les aréopages, statuette de Tanagra retouchée par Willette, la bouche rieuse, les yeux vifs et le nez retroussé. |

La pièce était dédiée à feu Patin. Feu Patin, ou, pour parler plus respectueusement, le regretté M. Henri- Joseph-Guillaume Patin était un helléniste de marque, professeur en Sorbonne, secrétaire perpétuel de l’Académie française, auteur de plusieurs ouvrages austères sur l’antiquité gréco-latine, illustre pour avoir écrit une phrase de trente lignes sur un chapeau. Il est vrai que ce chapeau était un chapeau vénérable, celui que les divinités de l’Olympe ne dédaignaient pas de coiffer. — Je n’ose imaginer ce que feu Patin aurait pensé de la pièce et de sa dédicace. Comme il était mort depuis vingt ans, il garda son sang-froid.

De ses débuts dans la comédie fantaisiste, M. Donnay a conservé une nonchalance aimable, une délicatesse ennemie de toute contrainte et de toute affectation, une sympathie particulière pour les souffrances d’amour — mais une sympathie discrète, sans illusions et qui évite les grands mots, — l’indulgence souriante d’un philosophe un peu narquois. Il ne s’indigne pas des faiblesses du cœur, il n’en parle pas non plus sur le mode lyrique : il s’en amuse et se plaît à les observer, mais l'ironie chez lui est près de l’émotion et, sous les fines broderies, des drames parfois se révèlent.

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