‹ Theatre d'un jourChapitre 18 sur 60 · SCÈNE IV Les Mêmes, LAURE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV Les Mêmes, LAURE

LAURE, entrant.

Pourquoi ce pauvre monsieur de Ruault?

Pourquoi ce pauvre monsieur de Ruault? Ah! voilà, imagine-toi....

PIERRE

Nous parlions de ce bon Maurice, votre ami, chère madame, et le nôtre. Et nous déplorions ensemble qu'il eût détraqué sa vie en quittant l'armée. Cela, dit-on, pour une femme. N'est-ce pas que vous le déplorez aussi?

LAURE

Et toi, déplores- tu, Valentine?

VALENTINE

Mais certainement, chère amie, c'est une conduite très folle....

LAURE

Eh bien, pas du tout, c'est fort gentil, un homme qui a le courage de sa passion! Qui piétine, pour le joli plaisir d'aimer, l'organisation de son existence! En nos temps d'amours commodes, ce n'est pas ordinaire. Que pour une belle dame notre ami Ruault ait tout envoyé promener, moi, je trouve ça superbe!

PIERRE

Non, mais voyez-vous cette exaltée?

LAURE

Valentine, veux-tu dire tout de suite que toi aussi, tu trouves ça superbe?

Mais, ma petite amie, si je ne le pense pas !

LAURE

Veux-tu trouver ça superbe, ou je dis toutl

PIERRE

Tout quoi ?

VALENTINE

Cette Laure perd la cervelle!... Eh bien non, ce n'est pas superbe, c'est très mal.

LAURE, lui faisant une gFimace.

Hou!...

PIERRE

Chère madame, je vous laisse avec Valentine. Le Maurice que vous admirez tant va venir, et il me remplacera avec avantage pour vous conduire au Salon. Ménagez ce noble jeune homme, et ne le ravissez pas à celle à qui il s'est immolé !

II baise la main de Laure.

LAURE

Moquez-vous, vous ne le valez pas.

Pierre sort.

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