M.AD.\ME HORB.\ULT
A la bonne heure, un trente et un !
LIVRY
Allons-y !
MONSIEUR MÉRIELLE.
La table doit être toute préparée dans l'autre salon, (a Simone.) Oh! ma belle nièce, si au lieu de soixante ans j'en avais seulement... cinquante-cinq, comme je vous en conterais!
SIMONE
Du calme, jeune homme! Allez jouer au trente et un.
Monsieur Mérielle passe au petit salon.
HORBAULT, en passant, à Simone.
Ah! madame, si j'osais vous dire ce que j'ai dans le cœur!
N'osez pas, monsieur, et allez jouer au trente et un!
Horbault va à son tour au petit salon. LIVRY regarde sortir Horbault, puis à Simone.
Vous, je vous adore.
SIMONE
Oui, voilà huit jours que vous me le répétez. Mais l'occasion n'est pas < suffisante » , comme dit Ferney.
LIVRY
Ne vous moquez pas, je souffre.
SIMONE
Alors, du courage, mon pauvre ami, et allez jouer au trente et un.
LIVRY
A côté devons?
SIMONE
Si vous voulez. — Eh bien, et vous là-bas, Jeanne et Ferney, vous ne venez pas?
HUBERT
Tout à l'heure. Il faut que j'obtienne le pardon de ma bonne aventure.
SIMONE, à Livry.
Vous savez, Raoul, je crois qu'elle va lui pardonner.
Tant mieux, le pauvre garçon !
SIMONE
Vous n'êtes pas jaloux?
LIVRY
De Jeanne? Allons donc! (Frappant le marbre de la
cheminée.) Voici, chère amie, l'image exacte de son incandescence.
SIMONE
J'ai vu des marbres s'échauffer... (Elle regarde Hubert.) quand on fait un bon feu!
Simone et Livr^- passent au petit salon.
Ib2 THEATRE D'UN JOUR.