SCÈNE Vil
Les Mêmes, MARENGO, puis le Jockey.
M AIIENGO.
Ma foi, au petit bonheur !...
CAMILLE
Monsieur Marengo, d'où sortez-vous donc par là?
MA RENGO.
D'écrire ma correspondance, avec votre permission, mademoiselle.
Tiens! ça se trouve bien... il part aussi, M. Marengo.... vous ferez route ensemble.
LUDOVIC
Oh ! lui... c'est son métier, ça lui est bien égal.
CAMILLE, à Marengo.
Comment, vous partez?
Sans y être forcé... il est bien bon, toujours.
CAMILLE
Ah çà ! mais vous disiez que vous étiez' amoureux.
MARENGO, avec intention.
Je voulais me donner, mademoiselle... et maintenant je veux me vendre!... et dès que j'aurai trouvé un petit bourgeois à remplacer...
LUDOVIC
Gratis?
MARENGO
Quelle bêtise! puisque je pars, autant que ça UK! rapporte.
CAMILLE
Ah! mon Dieu!... Ludovic!... quelle idée!... monsieur Marengo...
Mademoiselle Frétillon?...
Vous voulez partir?
Dame!... à moins que ça ne vous fasse de la peine.
CAMILLE
I Non... au contraire; et ça vous arrangerait de I trouver quelqu'un à remplacer?.,, seriez-vous : bien cher?
ACTt: DEIXIKME.
MARENGO
Dame!... c'est selon le tarif... douze, quinze cents francs.
CAMILLE, lui donnant les billets qui sont dans h lettre.
En voilà deux mille.
TOUS
Deux mille francs !
AIR : // ne peut n'en défendre (du Dieu et la Bayadtiie).
I AUGLSTA.
Quel est donc ce mystère?...
Que veut dire ceci?...
Deux mille francs, ma chère...
Te dépouiller ainsi !
LUDOVIC
Quel est donc ce mystère?
Que veut dire ceci ? Souffrirai-je, ma chère , Qu'on me rachète ainsi?
MARE\GO
Quel est donc ce mystère?
Expliquez-moi ceci.
Et pour qui , pour quoi l'aire ,
Me payez-vous ainsi ?
CAMILLE
Que viens-je donc de à re I Qui les surprenne ainsi ?
I Je suis heureuse et fière \ Do sauver un ami !
AUGLSTA.
Elle est folle, ^Taiment!
MARENGO
Pour qui donc ces billets?
CAMILLE
Ils sont à Ludovic... et je vous les remets.
LUDOVIC, à part.
Deux mille francs!... jamais je ne les eus en cai.sse. CAMILLE, à Marengo.
Prenez , prenez...
AUGLSTA.
Mais c'est d'une faiblesse !...
Partez pour lui... voulez-vous?
J'y consens , Puisqu'ils sont au conscrit, volontiers je les prends;
(A Camille.) Marché conclu... je pars! Vous, pensez aux absents. (Le jockey entre et restfi au fond.)
ALGL STA.
Eh ! mais... le jockey... il attend...
CAMILLE
Ah! la réponse... je n'y pensais plus!...
AUOUSTA.
Les billets... et le souper qu'il a promis... c'est fini... décide-toi...
CAMILLE, hésllant.
Dame!...
AUGUSTA, élevant la voix, an jockry.
Le dindon peut venir ! (Mouvement de Marengo et de Ludovic.)
ENSEMBLE
LUDOVIC
Quel est donc ce mystère?
D'où vient cet argent-ci?
Ma foi! laissons-la faire, Je reste , Dieu merci !
MARENGO, passant près de Ludovic.
Me voilà militaire!
Il faut partir d'ici, Mais, quelque jour, j'espère Avoir mon tour aussi !
CAMILLE
Il restera, j'espère !
Je donne tout pour lui !
Je suis heureuse et fîère De sauver un ami !
Du courage, ma chère.
Allons, prends ton parti; Pour ton bonlieur j'espère, Et pour le sien aussi !
(Le jockey sort. — Le rideau toinbp.)