‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 199 sur 764 · ACTE ClMgUlÈME · texte numérisé non relu

ACTE ClMgUlÈME

MARE\GO

Je ne vous l'aurais jamais dit, je n'aurais jamais osé, quoique ce matin je ne vienne pas à autre intention... mais, puisque la petite a bavardé... Eh bien! oui, mamzelle, oui; il y a six ans que ça me tient là. Dame! le fantassin y est exposé tout comme les autres... c'était pour vous revoir que j'avais quitté le service, c'est pour ne pas voir le bonheur des autres que je l'ai repris... toujours fidèle, toujours en ligne, en attendant mon tour qui ii"a pas voulu venir... j'ai été bien malheureux !

Oh! si les soldats font du sentiment!

CAMILLE

Pauvre garçon, il m'aimait plus que les autres, et c'est le seul qui ne m'ait rien demandé !

M AREXGO.

Aussi!... Mais, c'est égal... ça n'a fait qu'augmenter !a fièvre que j'ai là, dans le cœur; si bien qu'hier soir, quand on m'a dit qu'il m'était arrivé...

AUGISTA.

Hein!

MARENGO, se reprenant.

C'est-à-dire, rien... Pour vous, mamzelle, jf me jetterais au feu, je me ferais tuer.

CAMILLE, lui saisissant le bras.

Mon ami !

MARENGO, poussant un cri.

Ah!

ALGISTA.

Il se trouve mal ! (Elle approche une chaise.)

Marengo! qu'cit-ce donc? qu'avez-vous? cette pâleur...

MARENGO, s'asseyant.

Hien... rien... c'est un coup de sabre... qui est eucori! tout frais. C'est de ce matin.

CAMILLE

Un coup de sabre!... Vous vous êtes battu".'...

M ARE.XGO.

Oui, mamzelle...

CAMILLE

Avec un soldat?

MARENGO

Oui, mamzelle...

Qui m'a insultée devant Ludovic...

MARENGO

Comment, vous savez?

Oui, tout! et c'est vous qui m'avez vengée 1

AUGliSTA.

Il se pourrait !

M A li E \ G 0.

Et pourquoi pas! Est-ce que vous croyez que je laisserai insulter comme ça une femme que j'aime? (Se levant vivement.) Sacré nom !... Pardon du mot.

CAMILLE

Il n'y a pas de mal.

MARENGO

Et puis, je voulais être tué... j'avais du chagrin ! j'avais appris un malheur !

Et lequel?

MARENGO

Ce sera un bonheur peut-être... si bien qu'il m'adonne un coup de sabre... je lui en ai donné deux à votre intention. Maintenant, il vous respectera, soyez tranquille... et tant que je vivrai... je ne souffrirai pas qu'on dise, sur votre compte, un mot, un seul qui ne soit pas catholique.

Oh! mon pauvre iMarcngo!

Air : Pour le chercher je passe en Allemagne.

Comment jamais pounai-je reconnaître Tant de bonté, d'amour, de dévouement ?

\b ! ce malin, je m' s'rais fait tuer peut-être... Mais, j' suis heureux d' n'ètr' pas mort, à présent. Si vous m'aimiez un peu...

CAMILLE

C'est impossible.

MARENGO

Là, rien qu'un peu.

CAMILLE

Je ne puis, car, enfin, .\imer un peu, v03'e7.-vous, c'est terrible, Je ne sais pas m' arrêter en chemin.

MARENGO

Eh bien ! beaucoup ! oui, mamzelle... c'est ce que j'attendais pour vous apprendre...

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