‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 3 sur 764 · SCÈNE IL LA DUCHESSE, DE NERVAL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL LA DUCHESSE, DE NERVAL

LA DUCHESSE

Ah! vous êtes resté, monsieur de Nerval? j'en

suis charmée, car je pourrai vous offrir de nouveau tous mes remerclments.

DE NERVAL

l-t de quoi donc, madame?

LA DUCHESSE

Vous avez mis une complaisance extrême à nous lire cette relation du voyage de M. de Jumilly dans le désert.

DE NERVAL

Vous l'aviez désiré, madame, et vous savez qu'un désir de vous est un ordre pour moi.

LA DUCHESSE

Je ne le savais pas, mais je suis bien aise de l'apprendre.

DE NERVAL

Et pourtant cette lecture, les discours auxquels elle a donné lieu m'ont inspiré de bien cruelles réflexions.

LA DUCHESSE

En vérité?

DE NERVAL

Est-il \rai que vous êtes aimée de M. de Jumilly, madame?

Voilà une étrange ([uestion.

DE NERVAL

Veuillez y répondre, je vous en conjure!

LA DUCHESSE

Y répondre?... mais ce serait fort difficile; et d'ailleurs, que vous importe?

DE NERVAL

Que m'importe?... Ignorez-vous ce qui se passe dans mon cœur?

LA DUCHESSE

Je n'ai pas cherché à le savoir.

DE NERVAL

Quoi! mes regards, ma conduite depuis le jour où j'ai eu le bonheur de vous voir, tout ne vous l'a pas appris?

LA DUCHESSE

D'abord, monsieur, je ne me pique pas d'interpréter les regards ; puis, qu'y a-t-il donc d'étrange dans votre conduite? Vous êtes riche et bien né; à votre arrivée à Paris, M. de Vaudel, le prétendu de ma sœur, vous a présenté à moi , je vous ai reçu avec plaisir! vous avez paru satisfait de mon accueil , vous avez cru devoir prolonger votre séjour à Paris, et vous me faites l'honneur de venir me voir souvent : que dois-je trouver là de si extraordinaire?

DE N ERVAL.

Oh! rien d'extraordinaire, madame! car, dès qu'une fois on vous a vue, on voudrait ne plus vous quitter.

LA DU en ES S E.

Ceci est fort galant, monsieur, et je vous en remercie.

DE NERVAL

Mais, ([uand je suis venu à Paris, j'étais prêt à me marier.

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