‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 327 sur 764 · V W-BROOK · texte numérisé non relu

V W-BROOK

Certainement... dès aujourd'hui je fais ma demande en mariage... pas de vive voix... c'est trop difficile, mais par écrit, on est plus sûr de ses idées; et si elle accepte, je vous invite à ma noce.

ALFRED

Et moi, à la mienne qui, je le crois, précédera lu votre...

VAN -RROOK.

C'est juste! j'oubliais de vous faire mes compliments... je vois que mes lettres de recommandation pour Bordeaux vous ont porté bonheur, et la maison Van-Open à qui je vous avais adressé... ALFRED, i part.

Triste souvenir!

VA\-BROOK

Le vieil ami et ancien associé de mon père, maître Van-Open , nous écrivait il y a quelques mois qu'il regardait comme à peu près sur votre mariage avec sa seconde fille, la petite Emma... et l'affaire n'est pas mauvaise pour vous, mon gaillard, car le père Van-Open est au moins aussi riche que moi, et il n'a que deux filles... l'aînée déjà mariée à M. Delmar. L'ne femme de tète et d'esprit, à ce que tout le monde dit; car je ne la connais pas... et la seconde qui promet d'être charmante... aussi je m'en vais dès aujourd'hui envoyer ma lettre de féliciUitions. (Il passe à droite.) ALFRED, avec embarras.

Non... non., je vous en prie... n'en faites rien.

Et |)ourc[uoi donc?

ALFRED

! Le mai'iage n'a pas lieu... tout e>t rompu ! par

' n;oi, |)ar ma faute!... ce n'était là ((u'iin mariage

I de raison, et depuis, une inclination... un amour

1 véritable...

V AN-nr. ooK.

Qu'est-ce que vous me dites là?

Tout était convenu et arrêté , il est vrai... et j'étais venu à Paris demander au ministre de la guerre la permission de me marier, lorsque j'ai vu une personne...; je ne vous en parlerai pas... parce que ce sont de ces rencontres qui décident de lad''s-

tinée... de ces femmes qu'on était appelé à aimer et dont le premier regard vous enchaîne pour la vie... et si bonne, si gracieuse, si aimable... ce n'est pas celle-là qui est coquette... ce n'est qu'à moi qu'elle voudrait plaire... Du reste, une haute naissance, mais une fortune modeste... ainsi l'on ne dira pas du moins que l'intérêt m'a guidé... Ce changement, cette rupture, il fallait l'annoncer à M. Van-Open. Je suis parti pour Bordeaux; mais arrivé à leur porte , je n'ai pas osé en franchir le seuil, je suis rentré à mon hotcl,et, après de nouvelles hésitations, j'ai écrit à M. \'an-Open qu(; l'honneur, la délicatesse me faisaient un devoir de lui avouer... enfin vous vous doutez de ce que l'on dit en pareil cas, et je suis parti sans regarder derrière moi, sans réfléchir... je suis retourné à Paris... j'ai couru chez celle que j'aimais, et j'apprends qu'elle a été obligée d'accompagner aux eaux une vieille parente qui l'a élevée, qu'elle misupplie de l'attendre... ah! bien oui, dans mou dépit, dans mon impatience, je repars de nouveau.

VAX-BROOK.

\ ous connaîtrez la route, car de bon com))te voilà...

ALFRED

Eh! qu'importe! pourvu que je la retrouve... que je la revoie...

VA\-BR00K, regardant par la fenêtre à droite. Taisez-vous donc! c'est ma passion qui descend au jardin avec sa tante.

ALFR ED, un peu ému.

Sa tante...

V AN-BR OOK.

Tous les matins... j'ai l'habitude de lui offrir des fleurs, qu'elle accepte. Je suis en relard, et je vais remplir mes fonctions de soupirant... (Il sort par le fond à droite.)

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