CAROUBE
Certainement!... mais quand on est aux eaux ce n'est pas pour son plaisir, c'est pour sa santé, et j'aurais refusé que, par intérêt pour moi, vous deviez m'y contraindre; mais vous ne devinez rien... vous ne comprenez rien.
VAN-BROOK
J'ai compris que vous aviez peur de la migraine.
CAROLINE
Comme c'est probable!... dans les montagnes et au grand air, la migraine ! mais c'est vous, monsieur, c'est vous qui me la donneriez... avec votie gravité, et votre sang- froid... hùtcz-vous, donnez des ordres.
C'est ce que je vais faire, au risque de passer ici pour atteint d'aliénation mentale.
CAROLINE
Comment, monsieur?...
VAN-BROOK
Ça me regarde, madame, ne vous inquiétez pas, c'est sur moi que cela tombera, et d'ici à une demi-heure, j'espère bien que tout sera prêt.
CAROLINE
A la bonne heure ! à cette condition-là, je vous pardonne.
VAN-BROOK
Que de bontés!
CAROLINE, avec abandon et lui donnant la main.
Et je vous offre la paix, car, en vérité, vous êtes si aimable, si complaisant, que j'ai quelquefois des remords d'abuser ainsi...
VAN-BROOK, avec amour.
Jamais! jamais!... et je suis trop heureux quand vous êtes assez bonne pour accepter mes services.
CAROLINE
Eh bien! pour aujourd'hui, j'en ai encore un à vous demander...
V AN-BROOK
Parlez, madame, ma vie... mon bras...
Justement... c'est votre bras que tantôt, à cette promenade.... je vous prierais d'offrir à ma tante. VAN-BROOK, à part avec dépit.
0 ciel! (Haut et s'cfforçant de sourire.) Comment donc!... ravi, enchanté... et j'allais de moi-mémo...
CAROLINE
Nous allons prendre nos ombrelles.
MADAME D ESN ELLES.
Que vous avez laissées hier au pavillon, étourdie que vous êtes.
CAROLINE
C'est vrai... adieu, monsieur, je compte sur vous, et ma tante aussi. (Elle sort avec sa tante par le fond à gauche.)