ACTE Dt:UXlEME
LA Dieu ESSE.
Ou m'a donné lo temps de réfléchir, on m'a rendu service!... (Elle va vers Nerval.) Monsieur de Nerval, peut-être a-t-il fallu que la Parisienne fût défendue contre vous par un sentiment qu'elle ne s'avouait pas à elle-même?... il y aurait peu de générosité à m'enorgueillir d'une semblable victoire : pardonnez-moi donc mes plaisanteries!... (Elle s'apprncbe d'Adèle.) Quand on est jeune, bonne et jolie, on fixe à jamais l'amour, en dépit des coquettes et des inconstants, soyez-en sûre, mudenioiselle, et veuillez ne pas me garder rancune!... (Elle va à Grandet.) Monsieur Grandet, l'amitié excuse bien des choses ; et, en vérité, je devrais vous remercier de m'avoir jugée digne d'être la compagne de l'homme que vous aimez le plus au monde I... (D'un ton très-moqueur et très-gracieux.) Il faut un cœur dévoué comme le vôtre pour imaginer de tels projets!... il est fâcheux seulement de ne pas réussir; mais que voulez-vous? le tout est de faire les choses à propos!... votre ami ne
m'aime plus sans doute... et moi je ne l'aime peutêtre pas encore!... le mariage que vous m'aviez annoncé manque par force majeure!... après cela, il me semble que je n'ai plus qu'à me rendre au bal... un peu tard, il est vrai, mais j'arriverai encore à temps pour la dernière valse!... Adieu donc, mademoiselle!... messieurs, j'ai l'honneur de vous saluer !... (A part, en sortant.) Je suffoque!... mais ils ne m'auront pas humiliée!...