SANTA-CRUX, LA DUCHESSE
LA DUCHESSE, à elle-même, pendant que le marquis conduit la reine.
Je suis encore tout émue de ce que je viens d'apprendre! abuser de son pouvoir de général pour se débarrasser d'un enfant!... Ah! c'est affreux!... Je ne pensais plus à ce jeune homme, je ne m'en occupais plus, certainement... Eh bien! maintenant, je ne serai tranquille que quand je serai sûre qu'il ne court plus aucun danger.
SANTA-CRUX, revenant en scène.
C'est vers vous, madame, que Sa Majesté me renvoie pour obtenir l'explication de cette absence incroyable de toute gravité... elle prétend que mieux qu'elle-même vous pouvez m'apprendre...
LA DUCHESSE
Je ne m'en charge pas, monsieur.
SANTA-CRUX
Il est heureux, du moins, que, dans la dernière campagne, je n'aie pas ainsi fait rire ses ennemis.
LA DUCHESSE
Dans la dernière campagne?... ah! monsieur, votre conduite a été... (Elle s'arrête.)
s ANTA-CRUX.
Eh! mon Dieu, toute naturelle... je pensais à vous mériter, madame, et c'est aujourd'hui que je vais recevoir le prix de ma victoire... car je ne prévois pas de nouvel obstacle, malgré tout ce que vous avez bien voulu me confier des prétentions du seigneur Ruy Gomès et de son indomptable volonté.
LA DUCHESSE, à part.
Il ose en parler, après ce qu'il a fait!...
SANTA-CRUX, sowriant.
Je doute fort qu'il arrive encore pour honorer de sa présence la signature de notre contrat de mariage.
LA DUCHESSE, à part.
Sa confiance me fait frémir!... ah ! il faut à tout prix que je sache... (Haut.) Ainsi, selon vous, ce jeune homme ne m'aimerait plus?...
SANTA-CRCX.
Je ne dis pas cela... mais depuis qu'il a cessé ses importunités, on peut croire qu'il s'est un peu calmé, et qu'il a reconnu la folie de ses préten- J lions.
LA DUCHESSE
Vous vous tromiiez, monsieur... tout à l'heure il était ici, b. mes pieds.