I. ÉON ARD
Comment, si c'est possible? c'est tollemont possible que ça est.
M AI) A:\IE d'à IHRA y.
Ah! pardon! mais j'avais pensé...
Oui, vous aviez pensé que c'était moi !... et cette idée ne vous avait arraché aucune exclamation !... il y avait de quoi se récrier pourtant.
CÉCILE
Mon oncle a raison, ma bonne amie; d'où vient donc votre étonnement?
MADAME d'aubray, jetant lin coup d'oeil furtif siiv
madame de Lucy, dont le regard suppliant semble lui
commander le silence.
Oh ! il est facile à expliquer. Tous les jours, vous le savez, on arrange des mariages dans sa tète, et j'avais songé à un autre...
Un autre!
MADAME d'AUUUAY.
Pour vous, Cécile.
CÉCILE
Pour moi, un autre mariage! A mon tour, je puis bien dire : est-ce que c'est possible? mais lequel donc?
LÉOPOLD, avec impatience, à part.
Quel supplice !...
MADAME d'AUBRAV.
Ma petite Cécile comprendra que maintenant il ne m'est plus permis d'en parler; mais, depuis quand a-t-il été décidé que M. Léopold de Banneville serait votre mari? quelles circonstances...
L ÉONARD,
Tiens, c'est vrai; je ne m'en étais pas encore informé, moi, et pourtant je désire beaucoup le savoir.
CÉCILE
Je ne demande pas mieux que de vous le dire : c'est une longue histoire.
LÉOPOLD
Mais, Cécile, est-il convenable, en ce moment?...
LÉONARD
11 est très-convenable que je sache comment vous êtes devenu mon neveu, vous, mon cher monsieur, qui très-probablement serez mon héritier. Justement, voici Catherine qui nous fait apporter le thé; asseyons-nous, et écoutons. (Catherine entre avec des domestiques , qui approchent une able et sortent après avoir dressé le thé.)
^ MADAME d'aUBRAY.
Clarisse semble soulVrante, et peut-être...
M ADAMi: DE LUCY.
Non,c|ue Cécile parle... (Basa madame d'Aubray qui s'a>sic(l près d'elle.) Tout te sera expliqué...
LÉONARD
Allons, mon enfant, raconte-nous l'histoire de vos amours.
LÉOPOLD, à part.
Cruelle situation !
CÉCILE
Cela remonte k ma sortie de pension , il y a six mois.