‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 298 sur 487 · ACTE IY, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IY, SCÈNE V

LA COMTESSE recule.

kh ciel !

SUZANNE

Ce friponneau !

ANTONIO

Quand je disais là-haut que c'était lui !...

LE COMTE en colère.

Hé bien , madame ?

LA COMTESSE

Hé bien, monsieur ! vous me voyez plus surprise que vous, et, pour le moins , aussi fâchée.

LE COMTE

Oui ; mais tantôt , ce matin ?

LA COMTESSE

Je serais coupable, en effet, si je dissimulais encore. Il était descendu chez moi. Nous entamions le bad'mage que ces enfants viennent d'achever; vous nous avez surprises l'habillant : votre premier mouvement est si vif! il s'est sauvé , je me suis troublée; l'effroi général a fait le reste.

LE COMTE avec dépit à Chérubin.

Pourquoi n'êtes-vous pas parti?

CHÉRUBIN ôtant son chapeau brusquement.

Monseigneur...

LE COMTE

3e punirai ta désobéissance.

FANCHETTE étourdiment.

Ah, monseigneur, entendez-moi! Toutes les fois que vous venez m'embrasser, vous savez bien que vous dites toujours : Si tu veux m aimer, petite Fanchette, je te donnerai ce que tu voudras.

LE COMTE rougissant..

Moi , j'ai dit cela ?

FANCHETTE

Oui, monseigneur. Au lieu de punir Chérubin, donnez^lemoi en mariage, et je vous aimerai à la folie.

LE COMTE à part.

Être ensorcelé par un page !

LA COMTESSE

Hé bien, monsieur, à votre tour! L'aveu de cette enfant, aussi naïf que le mien , atteste enfin deux vérités : que c'est toujours sans le vouloir si je vous cause des inquiétudes, pendant que vous épuisez tout pour augmenter et justifier les miennes

ANTONIO

Vous aussi, monseigneur? Dame! je vous la redresserai comme feu sa mère, qui est morte... Ce n'est pas pour la conséquence ; mais c'est que madame sait bien que les petites filles , quand elles sont grandes. . .

LE COMTE déconcerté, à part.

Il y a un mauvais génie qui tourne tout ici contre moi 1 SCÈNE VI.

les JEUNES FILLES, CHÉRUBIN, ANTONIO, FIGARO, LE COMTE, LA COMTESSE, SUZANNE.

FIGARO

Monseigneur, si vous retenez nos filles , on ne pourra commencer ni la fête , ni la danse.

LE COMTE

Vous , danser ! vous n'y pensez pas. Après votre chute de ce matin , qui vous a foulé le pied droit !

FIGARO remuant la jambe

Je souffre encore un peu ; ce n'est rien. ( Aux jeunes filles. ) Allons, mes belles, allons!

LE COMTE le retourne.

Vous avez été fort heureux que ces couches ne fussent que du terreau bien doux !

FIGARO

Très-heureux , sans doute ; autrement. . . .

ANTONIO le retourne.

Puis il s'est pelotonné en tombant jusqu'en bas.

Un plus adroit, n'est-ce pas, serait resté en l'air! (Aux jeunes filles.) Venez-vous , mesdemoiselles ?

ANTONIO le retourne.

Et, pendant ce temps, le petit page galopait sur son chev; à Séville?

FIGARO

Galopait , ou marchait au pas !...

LE COMTE le retourne.

Et vous aviez son brevet dans la poche !

F IGARO un peu étonné.

.Assurément ; mais quelle enquête? ( Aux jeunes filles. ) Aiions donc , jeunes filles!

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