ACTE V, SCÈNE II
LE COMTE attendri, arrangeant les coussins.
Êtes-vous bien assise ? Eh quoi ! pleurer encore ?
LA COMTESSE accablée.
Ah! laissez-moi verser des larmes de soulagement! Ces récits affreux m'ont brisée ! cette infâme lettre surtout
LE COMTE délirant.
Marié en Irlande , il épousait ma fille ! Et tout mon bien placé sur la banque de Londres eût fait vivre un repaire affreux, jusqu'à la mort du dernier de nous tous! Et qui
sait grand Dieu , quels moyens. ... ?
LA COMTESSE
Homme infortuné , calmez-vous ! Mais il est temps de faire descendre Florestine ; elle avait le cœur si serré de ce qui devait lui arriver ! Va la chercher, Suzanne ; et ne l'instruis de rien.
LE COMTE avec dignité.
Ce que j'ai dit à Figaro, Suzanne, était pour vous comme pour lui.
SUZANNE
Monsieur, celle qui vit madame pleurer, prier pendant vingt ans , a trop gémi de ses douleurs pour rien faire qui les accroisse ! (Elle sort. )