CHOEUR D'OMBRES
(D'autres ombres dansent sur l'air du chœur. ) Quel charme inconnu nous attire ?
Nos cœurs en sont épanouis.
D'un plaisir vague je soupire , Je veux l'exprimer, je ne puis.
En jouissant , je sens que je désire; En désirant , je sens que je jouis.
Quel charme inconnu nous attire?
Nos cœurs en sont épanouis.
LE GÉNIE DU FEU à la Nature.
Déesse , pardonnez ; je brûle de m'instruire De l'intérêt qui les occupe tous.
LA NATURE
Parlez-leur.
LE GÉNIE DU FEU s'adressant aux ombres.
Qu'êtes-vous? et que demandez-vous l'ombre d'altamort.
Nous ne demandons pas, nous sommes.
LE GÉNIE DU FEU
Qui vous a mis au rang des hommes?
l'ombre d'urson.
Qui l'a voulu : que nous importe à nous ?
LE GÉNIE DU FEU
Comme ils sont froids, sans passions , sans goûts l Que leur ignorance est profonde !
LA NATURE
Ah ! je les ai formés sans vous.
Brillant soleil , en vain la Nature est féconde ; Sans un rayon de votre feu sacré, Mon œuvre est morte , et son but égaré.
DE TARARE
LE GÉNIE DU FEU
Gloire à l'étemelle Sagesse , Qui , créant l'immortel amour , Voulut que , par sa seule ivresse , L'être sensible obtînt le jour !
Ah ! si ma flamme ardente et pure N'eût pas embrasé votre sein , Stérile amant de la nature , J'eusse été formé sans dessein.
(En duo. )
Gloire à l'éternelle sagesse, etc.
LE GÉNIE DU FEU montrant les deux ombres d'Atar et de Tarare.
Que sont ces deux superbes ombres Qui semblent menacer, taciturnes et sombres
LA NATURE
Rien : mais dites un mot ; assignant leur état , Je fais un roi de l'une, et de l'autre un soldat.
LE G F.NIE DU FEU
Permettez ; ce grand choix les touchera peut-être.
• LA NATURE
J'en doute.
LE GÉNIE DU FEU aux deux ombres.
Un de vous deux est roi : lequel veut l'être ? l'ombre d'atar.
Roi?
l'ombre de tarare.
Roi ?
TOUS deux.
Je ne m'y sens aucun empressement.
LA NATURE
Enfants, il vous manque de naître, Pour penser bien différemment.
LE GÉNIE DU FEU les examine.
Mon œil , entre eux, cherche un roi préférable ; Mais que je crains mon jugement !
Nature, l'erreur d'un moment Peut rendre un siècle misérable.
LA NATURE aux deux ombres.
Futurs mortels , prosternez-vous :
Avec respect attendez en silence Le rang qu'avant votre naissance Vous allez recevoir de nous.
(Les deux ombres se prosternent; et pendant <pie le Génie hésité