ACTE ï, SCÈNE IX
Jusque dans le sein du repos :
Ah! faut-il que ma voix plaintive En vain la demande aux échos ?
ATAR
Quoi ! soldat ! pleurer une femme !
Ton roi ne te reconnaît pas.
Si tu perds l'objet de ta flamme
Tout un sérail t'ouvre ses bras.
Faut-il regretter quelques charmes ,
Quand on retrouve mille attraits ?
Mais l'honneur qu'on perd dans les larmes,
On ne le retrouve jamais.
TARARE suppliant.
Seigneur !
ATAR
Qu'as-tu donc fait de ton mâle courage , Toi qu'on voyait rugir dans les combats , Toi qui forças un torrent à la nage, En transportant ton maître dans tes bras ? Le fer, le feu, le sang et le carnage N'ont jamais pu t'arracher un soupir, Et l'abandon d'une esclave volage Abat ton âme, et la force à gémir !
TARARE vivement.
Seigneur, si j'ai sauvé ta vie , Si tu daignes t'en souvenir, Laisse-moi venger Astasie Du traître qui l'osa ravir.
Permets que , déployant ses ailes , Un léger vaisseau de transport Me mène , vers ces infidèles , Chercher Astasie ou la mort.