‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 47 sur 262 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

BARTHOLO

■^ Oui!

FIGARO

Je leur dirai... Eh, parbleu I je dirai à celui qui éternue : Qieu vous bénisse! et Va te coiÂcher, à celui qui bâille. Ce i^'est pas cela, monsieur, qui grossira le mémoire.

El Vraiment non; mais c'est la saignée et les médicaments Ijui le grossiraient, si je voulais y entendre. Est-ce par zèle Aussi que vous avez empaqueté les yeux de ma mule? et irotre cataplasme lui renara-t-il la vue?

FIGARO

S'il ne lui rend pas la vue, ce n'est pas cela non plus qui L'empêchera d'y voir.

BARTHOLO

Que je le trouve sur le mémoire!... On n'est pas de cette ^xtravagance>ià 1

FIGAROJ

Ma foi, monsieur, les hommes n'ayant guère à choisir qu'entre la sottise et la folie, où je ne vois point de profit je veux au moins du plaisir; et vive la joici Qui sait si le monde durera encore trois semaines?

BARTHOLO

Vous feriez bien mieux, monsieur le raisonneur, de me payer mes cent écus et les intérêts sans lanterner; je vous en avertis.

FIGARO

Doutez- vous de ma probité, monsieur? Vos cent écus! j'aimerais mieux vous les devoir toute ma vie, que vous les nier un seul instant.

BARTHOLO

Et dites-moi un peu comment la petite, Figaro, a trouvé les bonbons que vous lui avez portés?

FIGARO

Quels bonbons? Que voulez-vous dire?

Oui, ces bonbons, dans ce cornet fait avec cette feuille de papier à lettre, ce matin.

FIGARO

Diable emporte si...

ROSINE, rinterrompant.

Avez-vous eu soin au moins de les lui donner de ma part, monsieur Figaro? Je vous l'avais recommandé.

FIGARO

Aht ahl les bonbons de ce matin? Que je suis béte, moil j'avais perdu tout cela de vue... 0ht excellents, madanei admirables !

llAliTHOLO.

Excellents! èdttiirablesl Oui, saiià dotltè, rifdiHliètf barbier, revenez sur vos pasl Vous faites là un joli méÉJjf monsieur!

FIOARO.

Qu*esll-ce qu'il a flonc, monsieur?

ÈARTflOLO.

Et qui vous fera une belle réputation, monsieur!

I^IGARO.

Je la soutiendrai, monsieur.

BARfROLO.

Dites que Vôtl^ la supporlerez, tnonSîeuf .

FIGARO

Gomme il vous plaira, nïotisiour.

BARTHOLÔ.

Vous le prenez bien haut, monsieur! Sachez que quant je dispute avec un fal, je ne lui cède jamais.

FIGARO, lui loarne le dos.

Nous différons en cela, monsieur ; moi, je lui cède toujours.

BARTHOLO

Hein? qu'est-ce qu'il dit donc, bachelier?

FIGARO

C'est que vous croyez avoir aiïaire à quelque barbier à village, et qui ne sait manier que le rasoir? Apprenez^ inoir sieur, que j ai travaillé de la plume à Madrid, et que 8t08 les envieux...

BARTHOLO

Eh! que n'y restiez-vous, sans venir ici changer de ]^ fession?

FIGARO

On fait comme on peut. Meltez-vous à ma place.

BARTHOLO

Me mettre à votre place! Ah! parbleu, je dirais de bdM sottises!

Monsieur, vous ne commencez pas trop mal, je m'en raj[H porte à votre confrère qui est là rêvassant.

IiB COMTE, revenant k loi.

1 le..^ je ne suis pas le confrère de monsieur*

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