‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 59 sur 262 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

BARTHOLO^ DON BAZILË, me lante^a de papier k U main. BARTHOLO.

Comment, Bazile, vous ne le connaissez pasi Ce que vous dites est-il possible ?

BAZILE

Vous m'interrogeriez cent fois, que je vous ferais toujours la même réponse. S'il vous a remis la lettre de Rosine, c'est sans doute un des émissaires du comte. Mais, à la magnificence du présent qu'il m'a fait, il se pourrait qjiie oe fût le comte lui-môme.

BARTHOLO

Quelle apparence? Mais, à proposâoceprésenf^efal quoi l'avez- vous reçu?

BAZILE

Vous aviez Tair d^accord; je n'y entendais rien; di les cas difficiles à juger, une bourse d'or me parait In un argument sans réplique. Et puis, comme dit le proi ce qui est bon à prendre...

BARTHOLO

J'entends, est bon...

BAZILE

A garder.

BARTHOLO, surpris.

Ahlah!

Oui^ j'ai arrangé comme cela plusieurs petits proi avec des variations. Mais allons au fait : à quoi vousar

vous?

BARTHOLO

En ma place, Baziie, ne feriez-vous pas les derniers <

pour la posséder?

BAZILE

Ma foi non, docteur. En toute espèce de bien, pot est peu de chose; c'est jouir qui rend heureux : mon a^ qu'épouser une femme dont on n'est point aimé, c'est poser...

BARTHOLO

Vous craindriez les accidents ?

BAZILE

Hé, hé, monsieur... on en voit beaucoup cette Bnni ne ferais point violence à son cœur.

BARTHOLO

Votre valet, Bazile. Il vaut mieux qu'elle pleure de m'i que moi je meure de ne l'avoir pas.

BAZILE

Il y va de la vie ? Épousez, docteur, épousez,

BARTHOLO

Ainsi ferai-je et cette nuit même.

BAZILE. »-

Adieu donc. — Souvenez-vous, en parlait à la pupill les rendre tous plus noirs que l'enfer,

Vous avez raison.

Page 1