ACTE [I, SCENE VU <i
LOUIS
Ne me dites pas non.
Enrichi des dépôts qu'on perçoit en mon nom, Pour cinq cents écus d'or vous en levez deux mille Sur d'honnêtes bourgeois, et de ma bonne ville,
( en ies montrant. )
Gens que j'estime fort, pensant bien, payant bien. Regardez ce feu roi que vous comptez pour rien; Est-il mort ou vivant ? regardez-moi donc !
LE COMTE DE DREUX, en tremblant.
Sire...
LOUIS
Je ne suis pas si mal qu'on se plaît à le dire : Quelque feu brille encor dans mon œil en courroux; Je vis, et le malade est moins pâle que vous. Quoique vieux, je suis homme à lasser votre attente, Beau sire; et, moi régnant, le bon plaisir vous tente ! Qui s'en passe l'envie affronte un tel danger , Que le cœur doit faillir seulement d'y songer. A moi de droit divin , à moi par héritage, Il n'appartient qu'à moi de fait et sans partage. Pour y porter la main c'est un mets trop royal : A de plus grands que vous il fut jadis fatal. J'ai réduit au devoir les vassaux indociles; Olivier, tu m'as vu dans ces temps difficiles.
OLIVIER
Oui, sire, et tel encor je vous vois aujourd'hui.
Plus nombreux , ils levaient le front plus haut que lui. La moisson fut sanglante et de noble origine; Mais j'ai fauché l'épi si près de la racine , Chaque fois qu'un d'entre eux contre moi s'est dressé , Qu'on cherche en vain la place où la faux a passé. Elle abattit Nemours : trop rigoureux peut-être, Je le fus pour l'exemple et je puis encor l'être.
(an comte.)
Avez-vous des enfans?
LE COMTE DE DREUX, bas à Coitier.
De grâce...
COITIER.
Eh! chassez-nous, Chassez-moi le premier, sire, ou ménagez-vous; La colère fait mal.
LOI JS.
Il est vrai, je m'emporte; Je le peux : je suis bien, très bien; j'ai la voix forlc. i /aspect de ce saint homme a ranimé mon sang.
COITIER.
N'ayez donc loi qu'en lui; mais cet œil menaçant,
Et de tous ces éclats l'inutile bravade,
Ni' vonl nas mieux, je pense, au chrétien qu'au malade.