ACTE III, SCENE III
Le convoi d'un défunt, les cierges , le drap noir, Et l'office des morts avec les chants funèbres. Je me dis : les démons sont là, dans les ténèbres; Ils vont le prendre , et l'or, qu'il aimait à compter, Des griffes de Satan ne peut le racheter.
LOUIS
Je me sens mal.
OLIVIER, à Marcel.
Poltron !
J'en conviens, je frissonne; Pourtant j'ai bon espoir : je n'ai tué personne.
LOUIS, avec violence.
Va-t'en !
MARCEL
, Je l'ai fâché, mais si je sais comment...
OLIVIER
Rustre !
LOUIS, à lui-même.
La mort, l'enfer, un éternel tourment ! Notre-Dame d'Embrun, soyez-moi secourable!
(à Marcel.) (lui secouant le bras.)
Va-t'en... Non, viens, réponds: qui t'a dit, misérable, De me parler ainsi?
MARCEL, tombant à genoux.
Personne.
IOG LOUIS XI.
LOUIS
On t'a paye ; Qui l'a fait?
MARCEL
Si c'est vrai , que je sois foudroyé'.
MARTHE
Allez, méchant propos chez lui n'est pas malice, C'est candeur.
C'est bêtise; elle me rend justice.
Demandez-leur à tous, je suis connu.
LOUIS
J'ai ri ;
( à Marthe. )
Bien te prend d'être un sot. C'est donc là ton mari?
MARTHE
Brave homme au demeurant, et que j'aime.
LOUIS
Eh bien ! passe :
Je lui pardonnerai ; mais ne lui fais pas grâce, Nomme les amoureux.
MARTHE
Chez nous rien de pareil !
LOUIS
Avec ces traits piquans, ces yeux, ce teint vermeil! Quoi ! pas un? réfléchis, car cela le regarde.