‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 84 sur 230 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

NEMOURS, COITŒR.

COITIER.

Entrez : j'avais besoin d'épancher ma tendresse; Qu'enfin sur sa poitrine un vieil ami vous presse!

NEMOURS

Bon Coitier !

COITIER.

De trois fils lui seul est donc resté; Lui, l'enfant de mon cœur, qu'au berceau j'ai porté, Que mes bras ont reçu des flancs qui l'ont fait naître ! Oui , voilà bien les traits , le regard de mon maître !

NEMOURS

Je lui ressemble en tout , Coitier; j'aurai son sort.

COITIER.

Par le ciel tu vivras!... Excusez ce transport :

D'un ancien serviteur j'ai l'âme et le langage, Monseigneur.

NEMOURS, lui serrant la main.

Digne ami !

COITIER.

Ne perdez pas courage.

NEMOURS, promenant ses regards autour de lui.

Des verrous , des barreaux, encore une prison !

COITIER.

C'est la chambre du roi.

NEMOURS

Quoi! ce triste donjon!

COITIER.

Voyez : un crucifix , un missel, des reliques , Qu'ont usés dans ses mains ses baisers frénétiques ;

(lai montrant un poignard.)

Une arme qu'il veut voir et qu'il n'ose toucher; Des rideaux où la peur vient encor le chercher. Sous leurs plis redoublés en vain il se retire; Le remords l'y poursuit; un bras hideux les tire, S'applique sur son cœur , et ce lit douloureux , Nemours, est le vengeur de bien des malheureux. Il doit vous voir ici.

NEMOURS

Qu'entends-je?

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