ACTE IV, SCENE
Qu'il soit seul , et mon bras , là , dans son lit royal , Va consommer d'un coup ce meurtre fdial.
( Il va écouter à la porte.)
Aucun bruit! mon cœur bat.., C'est une horrible joie Que celle d'un bourreau qui va saisir sa proie! Horrible !... C'est la mienne : elle oppresse mon sein. Que de courage il faut pour être un assassin !
( Il tombe flans un fautenil, et se relevant tout-à-coup. )
Mais ne le fut-il pas? Supplices pour supplices! De tes douleurs , mon père, il a fait ses délices; Ton sang , j'en suis couvert; il coule ; c'est ton sang Qui tombe sur mon front et s'y glace en passant. Allons! mourant qu'il est, il faut que je l'achève : Ce sommeil qui le fuit, il va l'avoir sans rêve , Sans terreur, sans remords ; mais sous le coup mortel, Et pour ne s'éveiller que devant l'Eternel. On vient.
(Il s'élance derrière les rideaux.)