‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 106 sur 166 · ACTE II, SCENE III. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. i

BANVILLE

Elle a, je l'oubliais, payé certaine somme... Quel intérêt si grand t'inspire ton jeune homme?

Qu'en tends- je?

BANVILLE

Un étranger!

iRONNARD.

Tu le connais.

BANVILLE

Qui? moi?

BONN\RB.

Cet étranger, mon cher, n'en est pas un pour toi.

BANVILLE

Comment, et de son nom tu m'as fait im mystère !

BONNARB.

C'est qu'il m'a défendu de le dire à son père.

BANVILLE

Dieu! ce serait...?

BONNARB.

Ton fils. D'après sa volonté , Je n'ai dû le nonnner qu'à toute extrémité. Par lui, depuis long-temps, je savais ton histoire; Ton silence avec moi n'est pas trop à ta gloire, Et j'ai voulu tantôt te donner l'embai'ras

De m'apprendre un hymen que je n'ignorais pas.

C'est mon fils!

BONNARD

Oui vraiment,

BANVILLE

Mon fils dans la détresse!

Et ce n'est pas à moi que d'abord il s'adresse ! Il va chercher un tiers!

BONJYARB.

Ah! qu'est-ce que tu veux !

Il faut toujours qu'un tiers se place entre vous deux ; Du moins il me l'écrit, et ce tiers-là le gêne : Voilà ce qu'après soi le mariage amène, La femme et les enfans sont rarement d'accord , A l'un des deux partis il faut qu'on donne tort ; Deux beaux yeux plaident bien, et le juge préfère Le bonheur de l'époux au devoir du bon père.

BANVILLE

Mais mon fils est un fou !

BONNARB.

Pourquoi l'avoir quitté?

Instruit d'hier au soir, que n'ai-je pas tenté? J'ai pour combler le vide épuise* bien des bourses;

Restent vingt mille francs, cl je suis sans ressources:

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