LES PRÉCÉDENS, ZARÈS
ZARÈS
OÙ me conduisez-vous? quelle pitié cruelle
Me refuse la mort que je venais chercher?
Que vois-je? et quel secret voulez-vous m'arracher,
J'ai tout dit : je suis seul; je n'ai point de complice,
Je suis seul. D'un coupable ordonnez le supplice.
AKÉBAR.
Par un prompt châtiment étouffez donc ses cris; Au fer qui leur est dû livrez ses jours proscrits.
ID.4.MORE
Ah ! barbare !
NÉALA , qui l'arrête.
Idamore!...
ALVAR
O toi, le digne organe Du dieu de ces climats , dont ta puissance émane , L'esprit de vérité, de son sein descendu, Sur tous tes jugemens fut par lui répandu; Un meurtre en ternirait le sacré caractère.
Quoi que soit ce vieillard, il est homme et ton frère.
AKÉBAR.
Lui!
ALVAR
Ne l'immole pas dans ce séjour de paix, Que les plus vils troupeaux n'ensanglantent jamais. Voudrais-tu le venger? non, j'en crois ta grande âme. Contre lui par ta voix c'est l'état qui réclame. Pontife, à ta rigueur je suis loin d'insulter : La loi fiit-elle injuste, il la faut respecter; Mais songe à ses vieux ans , épargne sa démence ; Ton droit le plus divin n'est-il pas la clémence?
NÉALA, timidement.
Grâce !
IDAMORE
Pardonnez-lui.
AKÉBAR , indigné.
Vous aussi , mes enfans !
Non, frappez, je l'ordonne.
IDAMORE
Et je vous le défends.
AKÉBAR.
Qu'il meure î
IDAMORE , s'élançant devant Zarès.
Immolez donc le fils avec le père.